Ecriture automatique – 13 octobre 2018

Un autre amour est possible
L’eau, les feuilles, de loin
Les familles heureuses
Une odeur de chou cuit
Dans mes narines
Meurent
Chaque dimanche une goutte
Dans l’eau glacée
La nuit
Quand j’ouvre les yeux
L’odeur
Me prend à la gorge
La solitude
Ou la cuisson
/

L’eau tiède

débarque
Tous les dimanches en fête
Paradent
Si je te disais une autre floraison
Le temps me glace
Dans ces photos en promenade
N’être ni là ni ailleurs
Si jamais il faut être
Est-ce nécessaire d’ailleurs ?
La seconde ne suffit-elle pas
Celle d’il y a quelques années déjà
ou celle d’avant-hier –

Je ne sais pas –
/
Si les chansons sont bonnes

La vie ne raconte rien
Je ne sais comment
Un autre amour est possible
Traversait mon esprit
Des lendemains
On ne veut pas
Ainsi s’accumulent les pensées
Sur le trottoir  – des putes
Juste tolérées
Un autre amour est possible
s’acharne – un poivrot
Tentative de rentrer-maison

Contre tentation
/
Si je cède

La parole
La pensée
Le pas
Le passage
L’autre n’existera pas
Qu’importe finalement
Les dimanches existeront
– eux –
Malgré le verdict
Je pleure – ou pas –
un autre amour est possible
s’évanouit
Sous mes pas.
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Ecriture automatique – 12 octobre 2018

41367574_2167606599977670_5498940126211866624_nPUTAIN. FAUT QUE JE SOIS GENTILLE. PUTAIN. FAUT QUE J’AI DE L’HUMOUR. FAUT QUE JE SOIS COMPREHENSIVE. PUTAIN. PUTAIN. FAUT PAS QUE J’ECRIVE CA. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS DOUCE. FAUT QUE JE SOIS JUSTE. PUTAIN. FAUT QUE J’EFFACE CES PENSEES. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS GENTILLE. FAUT QUE JE PENSE A COMMENT LES AUTRES RECOIVENT LE TRUC. SANS HUMOUR. PUTAIN. FAUT QUE J’AI DE L’HUMOUR. FAUT QUE JE SOIS PAS TROP. NI TROP PEU. PUTAIN LA CUISINE C’EST DUR. PUTAIN. PAS TROP SALEE. PAS TROP PEU. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS COMPREHENSIVE. SERVIABLE. ON DIT AMENE. FAUT QUE JE SOIS AMENE. PUTAIN. FAUT QUE J’ARRIVE A ÊTRE SANS ATTENTE. SANS DEMANDE. SANS RIEN. DES SANS A PERDRE HALEINE. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS QUAND MÊME VIVANTE. DRÔLE. EPATANTE. MAIS GENTILLE DOUCE COMPREHENSIVE. PUTAIN. FAUT QUE J’EXISTE SANS TROP EXIGER. SANS TROP EXISTER. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS ATTENTIONNEE. PUTAIN. A L’ECOUTE. PUTAIN. DOUCE. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS PRESENTE. MAIS PAS TROP. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS EN FORME. FAUT QUE JE SOIS EN BONNE SANTE. PUTAIN. FAUT QUE JE FASSE PAS CHIER. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS GENTILLE. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS JOYEUSE. PUTAIN. FAUT QUE JE SUSCITE LE DESIR. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS DOUCE. PUTAIN. ATTENTIONNEE. PUTAIN. GENTILLE. PUTAIN. ADORABLE. PUTAIN. DISCRETE. PUTAIN. GENTILLE. PUTAIN. AMENE. PUTAIN. A L’ECOUTE. PUTAIN. COMPREHENSIVE. PUTAIN. DE L’HUMOUR. PUTAIN. FAUT QUE JE SOIS UNE PUTAIN.

Ecriture automatique – 7 octobre 2018

ADRESSE

Mon amant,

Je te quitte
Parce que je ne te manque pas

Et qu’il m’est inconcevable d’être au monde dans un rapport autre que celui de nécessité.
Il m’est impossible de me dire que tu m’aimes si, quand tu ouvres les yeux, tes premières pensées ne sont pas vers moi, si tes premières paroles ne me sont pas adressées, si les heures peuvent s’écouler sans que tu n’aies besoin de m’entendre ou de me voir, si le soir tu ne fermes pas les yeux pour me regarder dans tes rêves, pour m’y inviter, sans quoi tu ne trouverais pas le sommeil.

Mais tout cela n’est pas. Et je n’ai pas envie ni de t’en vouloir, ni de renoncer à ce besoin-là d’être aimée, ni de m’inventer une histoire, des excuses, des raisons à tout ce qui me manque.
J’ai longtemps pensé qu’une femme quittait son compagnon quand elle ne l’aimait plus. Je me trompais. Elle quitte son compagnon quand elle sait, expérimente, le fait de ne pas en être assez aimée. Ou d’en être mal aimée.

La nuit passée j’aurais voulu être avec toi – et je ne l’étais pas – qu’importe avec qui tu étais – et ce fut comme une rupture.
Tu m’as dit que tu aurais adoré que je sois là, que tes doigts… pendant que les étoiles seraient apparues. A combien l’as-tu dit ? Et puis le souhait qui n’a de conséquence que lui-même, c’est-à-dire un peu de fumée…

Tu n’as touché qu’une infime partie de moi parce que, je ne sais pas pourquoi les choses sont ainsi faites, il y a toute une part de moi qui demande un effort – et pour la voir et pour l’accepter.
Je ne suis pas facile – comme disent les hommes pour qui les femmes doivent rester des jouets, des terrains de jeu.

Et toute cette part – noire, complexe, ambiguë, vivante – crie. Plus je l’écarte de ma vie et plus elle crie, plus elle devient noire et plus elle prend une place comme une eau qui s’infiltre malgré les colmatages.

Je suis vide d’avoir écrit tout cela. Comme si je ne voulais pas l’écrire, mais je l’ai écrit quand même – et donc, au fond de moi, pensé. Je voudrais ne pas penser tout cela. Depuis enfants, on nous dit ce qu’il est bon. bien. de penser alors que nous savons tous que s’il y a une choses qui échappe à notre contrôle, ce sont nos pensées et nos émotions. Alors oui j’ai pensé tout cela.
Je ne sais pas si j’aurai le courage ( le courage ? ) , Disons l’envie de mettre mes pensées en actes.
Écrire est si simple. Vivre si compliqué.

Longtemps cette phrase de Paul Eluard m’a poursuivie :  » je suis dans la vie comme dans un bain d’eau glacée ». Elle était partie – vers d’autres horizons – et voilà qu’elle me revient – je ne la veux pas. Je ne l’accueillerai pas avec toute la gentillesse dont je peux faire preuve. Je l’accueille mal.
Car j’ai pris goût aux matins clairs et aux soirs chauds. Je ne sais pas comment les perpétuer tout en n’étant pas exigeante – de cette exigence-même qui me conduit au soleil noir – notre besoin essentiel, fondamental, absolu d’être aimé se heurte violemment avec notre désir incontrôlable, permanent, tyrannique d’aimer.

Mon amant
Je ne te quitte pas.
Je ferme les yeux pour sentir tes doigts.

Photo La Voyeuse/terr.3

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Ecriture automatique – 3 octobre 2018

40012169_2140196049385392_1765849952342245376_oJe voulais mourir
Comme la chenille veut devenir papillon

Je voulais mourir
Comme l’oiseau veut aller au-dessus des nuages

Je voulais mourir
Comme on voudrait voir l’autre côté de la lune

Je voulais mourir
Comme on attend le printemps

Je voulais mourir
Comme on ferme la porte d’une maison

Je voulais mourir
Comme la peau se renouvelle

Je voulais mourir
Comme le ciel cherche une frontière

Je voulais mourir
Comme on cherche le sommeil

Je voulais mourir
Comme le rêve d’une deuxième vie

Je voulais mourir
Comme le rouge veut être bleu

Je voulais mourir
Comme un lendemain

Je voulais mourir
Comme on change de pays

Je voulais mourir
Comme un oui

Je voulais mourir
Comme un accord parfait

Je voulais mourir
Comme la mort qui ne finit pas

Je voulais mourir
Comme on ouvre une fenêtre

Je voulais mourir,
Enfant.

 

 

Ecriture automatique – 2 octobre 2018

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Je vis des histoires sans fantaisie

Corps à corps – Terre à terre

Pas de quoi faire une chanson

Pourtant le ciel triste devrait

ramener mes amours

Dans les souterrains de mes pensées

Là où poussent les nuages

Qui donnent au soleil ses saveurs

particulières

Mes amitiés sont plus belles que vos amours

Mes amours ont la brièveté de la saison des cerises

Comme tous

Sans doute,

J’ai une énergie en moi

Qui bouillonne

Et qui pourtant reste

Souvent entre mes murs.

J’ouvre la porte – elle se referme –

C’est un sport quotidien.

Comme tous

Sans doute,

Je ne prends plaisir à voir

Que peu de monde –

Quelques personnes au bout de mes doigts

Sainte Marie qui êtes aux pieux

Que votre cul soit caressé

Au nom du bonheur,

de la volupté et de la vie.

Comme tous

Sans doute,

Tous les jours amènent leur lot

d’injonctions

Tu seras, ma fille !

Comme autant de murs qui nous enferment

Comme tous

Sans doute,

Je rêve de potions et de formules

Qui transformeraient le monde en prince charmant

Et qui baiserait sans vergogne la vie –

la mienne, la vôtre, tour à tour.

Comme tous

Sans doute,

Je sais que mes jours sont comptés

Sans que je ne compte ceux des autres –

Cet autre fait d’un bloc – éternel –

Ecrire une chanson ?

pourquoi pas.

Mais d’abord pourquoi.

Corps à corps terre à terre

Les heures tournent sans nos pas

Les rues nous attendent et nous n’y allons pas

Coeur, corps, je n’en ai cure

J’arrête les mots qui tournent au vinaigre – le monde pue assez –

J’apprendrai à conduire, foi de sorcière ! , pour le fuir en allant à sa rencontre.

 

 

Ecriture automatique – septembre 2018

180802-05RANCUNE

Cette douceur qui t’agresse

J’en ferai mon porte-flambeau

Brûler ton coeur ou ton cerveau

Car ta violence ne réveille aucune conscience

Elle fascine parfois, elle transperce

mais rien ne pousse à l’endroit de la blessure

Cette douceur qui m’échappe

S’échappe de moi

Je la regarde traverser le visage

Des passants et des rencontres

Sans doute s’efface-t-elle avec le temps

Mais au moins ai-je la conviction qu’elle éveille

dans leur coeur quelque chose qui t’échappe

Ecriture automatique – 20 septembre 2018

Je me colle à la peau. Tous les chemins mènent quelque part – quelle pitié, je voudrais un chemin qui ne mène nulle part – que je m’y étale. C’est fou ce qu’une larme peut tracer comme route. Je me colle à la peau comme un plein été – Je m’essore ensuite de toutes ces minutes qui m’envahissent – Je m’expose  en plein être – Je m’explose en nature. Je m’exploite en liquide – avant la panne sèche. Je voudrais être séduite par tel point de vue – de m’y arrêter – mais mon corps s’y refuse – Je te connais, tu vois ? – les responsables de ma sauvagerie sont des dieux, ils ne se montrent jamais. Y a-t-il encore de la poésie ailleurs qu’au fond de soi ? Protégée, calfeutrée mais cloîtrée. La poésie devrait être partout et elle est en voie d’extinction. Les vers mangent les vers. Bien sûr ceci n’est qu’une retraite – demain, oui, demain tout simplement et ce, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Je me colle à la peau – Troisième volet – comme un été, pour le meilleur et pour le pire – c’est pour cela que je ne bouge pas et que de tous mes pores, je te regarde.
De tous mes pores, je te regarde.
Je me colle à la peau pour échapper à la sueur du monde – celle qui ne part pas après la douche. Je me colle à la peau pour faire écran face aux pierres des autres peaux – les peaux mortes que l’on a momifiées dans ce spectacle qui à chaque centimètre, heurte notre humanité. Et c’est pour ce pire-là que je te regarde.
Et c’est pour ce pire-là que je te regarde.
Je me colle à la peau comme un vieux souvenir qui ne veut pas lâcher.
Je me colle à la peau peut-être pour mieux te regarder.
Je me colle à la peau comme des lunettes déformantes
Je me colle à la peau – pour le pire
Pour le meilleur
C’est pour cela que je ne bouge pas et que de tous mes pores Je te regarde  –

VIEUX MONDE SADIQUE

jemecollealapeau