Ecriture automatique – 16 août 2018

Du sable mouvant
Dans mon corps
Mon visage
Ça chahute en moi
Et mes pieds s’y enfoncent
Ou est-ce mon torse
Mes mains
Ma gorge
Tout est enseveli
Une vie de sauvetage
Toute une vie
Pour se sauver
Du naufrage
De la naissance
D’être au monde
Toute une vie
Seule
Comme si la mort ne suffisait pas
Dans le sable mouvant
Il n’y a rien pour s’agripper
Et est-ce pour cela
Que rien ni personne
Ne s’attache en moi ?
C’est bien trop laid
Pour le mettre en mots
Il faut l’enfuir dans le sable mouvant
Le laisser descendre
Comme une dragée
Un enfant de cœur
Qui ne chante pas
Un soleil qui s’est retourné
Ça brûle vers l’intérieur
Mes mots se limitent
A trois choses
Courir – fuir – plonger
Bien trop sensible
Pour aller au-delà
Tu ne fais pas signe
Tu t’es tu
Car tu es toi
Simplement
Je ne peux pas vivre
Si on me regarde si on attend
Que je vive
Toi tu rentreras
Je m’allongerai sur ton lit haut
De princesse
Et je te raconterai – Que veut dire aimer ?
Assommant les mots qui me viennent comme une rengaine
Je ne manque pas. Le corps comme une phrase en suspens.
Oui tu rentreras, ami.
Je m’allongerai, te raconterai
Ce qui se déroule en moi
L’histoire en moi
Celle que personne ne connaît
Où l’oeil ne s’accroche pas
Et, à un moment, il faudra que je me taise – car tout aura été dit – dans ses limites – et que rien d’autre ne pourra être mieux dessiné, dans la limite de mes capacités, ce sera le plus dur.
Cet aveu de ne pas pouvoir tout déplier sera le plus dur – tenir malgré que si je ne suis pas tout, je ne suis rien.
On a tous le vieux rêve de s’oublier.

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Alors je me suis Tu – 11 août 2018

Ton corps était contre le mien
Alors je me suis Tu
Bien haute tenir la réalité
Pour qu’elle tienne tête aux rêves.
Tu m’envahissais
Il n’y avait plus d’espace à dire
Alors je me suis Tu
Dans tes yeux je ne me voyais plus
Et dans les miens s’étaient enfermées des choses indicibles
Alors je me suis Tu
Tu naissais en moi
Comme sans doute tu le faisais à chaque fois
Alors je me suis Tu
Et malgré tout la réalité volait bien au-dessus du monde
Alors je me suis Tu
Dans le labyrinthe de notre rencontre
le désir restait intact
A deux nous le regardions  – du bout des doigts –
Sans nous voir
Alors je me suis Tu
Demain doit encore éclore
Et donner à boire à notre jouissance
Ma soif inextinguible contre ta faim soudaine,
Ton pied sur le mien
me fait aimer l’instant
Alors je me suis Tu
Ma gorge asséchée laissa la place à mes mains tendres
Toujours craintive que ses mots ne te noient
Elle écouta les histoires en les imprimant dans chacune de ses cordes
Il me fallait réclamer plus de violence et plus de tendresse,
mon corps au centre d’une contradiction dont ta main accepta le défi
Alors je me suis Tu
Le désir nous regarde comme ses parents
Qu’on aille le coucher
Alors je me suis Tu
Je me suis allongée à nouveau contre toi
Et je me suis Tu.

Ecriture automatique – 20 juillet 2018

Si je te disais qu’à certains moments

Il y a tout qui fuit

Que l’eau se transforme en lave

qui brûle mes yeux

Que devant moi c’est un paysage désenchanté – sans oiseau , où il n’y a que des cages

Que mon corps lui-même se transforme en une chose informe – tout me dérange, et les creux et les vallées

Que ma voix est celle d’une corneille, une chose en trop

Si je te disais alors que pour remonter à la surface mes mains s’agrippent dans le vide.

Et que je me sauve sans le savoir en fermant les yeux

Que je ne laisse vivre que mes mains alors

Que je ne laisse vivre alors que mes doigts et que d’eux seuls alors je supporte la langue-plainte.

 

Ecriture automatique – xx juillet 2018

écho2Tu avais 16 ans.
Et tu as soulevé le voile du désir.
Jamais plus par la suite tu ne touchas les choses comme auparavant.
Il avait pris toute la lumière
Et tout à ses côtés parut fade.
Même le plus précieux.
Comme un peintre tu pris ton pinceau
Et depuis lors tu étales la puissance de cette découverte comme une couleur
Pour qu’elle se répande dans l’entièreté de ta vie – pour qu’elle ne t’enferme pas dans le carré de ton désir,
Comme un papillon dans une fleur,
Que le désir puisse déployer ses ailes,
Dans tout le territoire de ton corps
et de ta vie, qu’il ne te coupe plus
Le souffle dès que tu ne le regardes pas,
La lumière avait dépassé la lumière,
Il te fallait ouvrir toutes les portes pour qu’elle ne t’aveugle pas.
Depuis tu marches vers elle sans cesse, sans relâche, avec une pugnacité qui te sidère parce qu’en toi vit quelque chose qui te survit.
Quand il n’y a plus rien à dire, il faut dire encore.

Ecriture automatique – 26 juillet 2018

De loin j’aurais cru à un enfer par là c’est sans issue on ne sait pas tes mains sur ma peau moite, sans doute jamais, on ne joue pas avec le feu on joue avec l’enfer, sortir de son corps un instant juste pour savoir ce que c’est d’être soi, tes mains qui continuent le chemin vers la source, ça se creuse, l’enfer se disputera avec le paradis à qui aura la couronne, je sera-t-il encore, mes pensées sortiront et iront s’accrocher aux murs, le présent s’applique et se mesure à l‘infini, tes mains sont arrivées là où rien ne sort sans liberté, le présent est pendu comme un lustre à la vulgarité, je peux tout vivre si c’est hors du monde, le temps des autres est insupportable, tes mains appellent à la rescousse, elles n’en peuvent plus, les cellules de mon monologue s’entrechoquent, crissements et bang ! , Faut-il connaître plus que la peau ? N’est ce pas le concentré de l’être, le microcosme du désir ? Tes mains se sont libérées toutes seules de la caverne, peut-être une autre part de ta peau peut-elle s’y risquer ? Il y a tellement d’autres choses dans l’univers, mes cellules doivent se disperser, je renaîtrai dans les feuilles d’un arbre, tes mains la cherchent en caressant l’écorce, tu l’arroseras et boiras à sa sève, ton corps est venu à l’appel, il arrête mes pensées, coince mes cellules de son poids, je deviens fontaine et le présent s’y noie. Mes pensées se sont arrêtées devant les portes de l’enfer, tes mains les écartent doucement, à l’intérieur la maison d’une déesse – un paradis. De part et d’autre partant il y a une substance qui ne s’arrête pas, surtout je dois garder là , peut-être que non, plus de gauche plus de droite, juste un centre, sans sens, le tissu vole, bang ! bang ! Ça continue, et plus haut si vous saviez, bientôt je vais arrêter, waa, ce sera ni mieux ni moins bien ce sera différent lorsque mes pensées reprendront leur liberté, je la leur rends, je la leur donne tant que je reste dans cette caverne où tu as pénétré.

Écriture automatique – 21 juillet 2018

Je pris ta main sur ma nuque
Et je vis que cela était bon.
Je mis ma langue sur ta langue
Et je vis que cela était bon.
J’arrêtai mes yeux dans tes yeux
Et je vis que cela était bon.
Je tournai sept fois autour de ton sexe
Et je vis que cela était bon.

Tes bras me ramenèrent vers le centre de ton corps
Et tu vis que cela était bon.
Tes doigts cherchèrent une ouverture céleste
Et tu vis que cela était bon.
Un éclair créa un nouvel océan
Et tu vis que cela était bon.

Les terres dérivèrent jusqu’à trouver l’orage et la pluie
Tes continents emboîtés dans les miens
Et il vit que cela était bon.
Ta langue dans mes terres
Et mes doigts, antre de ton vit
Et elle vit que cela était bon.
Nos corps initièrent le temps
Et l’espace regardait
Et il vit que cela était bon.

Toutes les saisons furent consommées
Les bouches mangées par les fruits de nos désirs
Et ils virent que cela était bon.
Et ils virent que cela était bon.

Que cela était bon.

Ecriture automatique – 11 juillet 2018

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Le démon. A l’époque je ne l’avais pas vu depuis vingt ans.  Je ne l’aimais pas au premier coup d’oeil. Je m’en souviens. Puis il y a eu les quelques jours passés ensemble, son attention, ses approches, son désir – il disparut ensuite, alors que j’avais découvert le mien. Alors le démon était apparu – une troisième fois – et des mois durant j’avais lutté avec lui. Dans ce combat, mon désir avait pris le visage de l’ennemi. Pour le reconquérir, j’ai un jour demandé à le revoir lui. C’était la seconde fois que nous nous revoyions. Le rendez-vous fut pris dans un lieu de notre activité commune – un lieu fait de statue, de marbre et de plastique, un mélange hideux d’art et d’administration. Le démon s’est invité aussi. De toute ma vie je n’eus jamais un tel délire. Il consistait en cette situation : J’arrivais dans l’entrée du bâtiment, une cour précédant l’immeuble avec un carré de jardin où des plantes fleuries me dépassaient. Et lui, cet homme, serait à une des fenêtres du bâtiment et me viserait avec une arme à feu avant de tirer.
En réalité je le vis. Nous passâmes un doux moment ensemble. Lui rempli de désir comme 20 ans auparavant. Je refusai. Mais mon désir était revenu. Si le démon a fait son apparition c’est que mon désir était apparu comme dangereux.
Si le démon devait mourir, mon désir porterait-il le deuil ?

Je gardai mon désir. Je fis disparaître l’homme. Le démon, lui, dort mais sa fin est proche.