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Ecritures automatiques quotidiennes et autres mots – Céline Lory

 

Ecriture automatique
Automatique attraction de ma langue
Ecriture automatique
Parfois je n’arrive pas à parler
Mon corps est déjà en toi
Alors il faut que je marche pour scander ma pensée

Ecriture automatique
Quand j’en désire d’autres
C’est encore toi que je désire
J’ai besoin de te chercher

Ecriture automatique
Le silence s’impose à chaque fois
Rappelle le désir
Le met à nu
Le sol est métallique
J’y retournerai
Manger la terre
Boire le ciel
Vivre enfin

Ecriture automatique
Je suis sur un fil: moi-même
Et je tombe si facilement
Je remonte à regret
Sans rien emporter d’en bas

Ecriture automatique
A l’extérieur je deviens coquille
Le monde et moi
On est séparés

Je marche en rue
C’est comme une musique
J’aime le sol
Tout ce qui est autour de moi me contente
Mon corps est tel le monde en marche
Je parlerais sans m’arrêter
Comme un piano mécanique
Je suis en vie
Et elle entre en moi par tous les pores

Viens
Ne m’oublie pas
Je suis une peau
Qui a besoin d’un corps

Ecriture automatique; 2014

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Ecriture automatique – 26 juillet 2019 – pendant concert

La tête en creux. Les jambes en l’air. A la recherche d’un temps inexistant. La tête en creux. Le coeur plein définitivement plein, des sons comme on remplit une bouteille d’eau. La tête en creux. Les jambes en l’air qui découpent le ciel, l’air qui coupe les jambes, le coeur plein définitivement plein, tu voudrais raconter une histoire qui commencerait par je et se terminerait par nous. Tu voudrais remplir ton coeur comme tu remplissais chaque matin ta gourde d’eau. Ta vie est océan. La tête en creux car il n’y a rien à y mettre que de l’eau. Tu ne cherches plus rien. La tête en creux. Les jambes en l’air. Et le ciel découpé par tes jambes comme un signe de victoire. Tu ne cherches plus rien. Le coeur rempli définitivement. Comme la gourde du matin. Le ciel est clair. L’air coupe tes jambes qui découpent le ciel. Tu ne cherches plus rien. L’eau est là. Ton coeur est plein. Définitivement. La tête en creux. Définitivement. Il n’y a plus rien à y mettre. Tu ne sais plus rien. Tu ne cherches plus. Ton coeur est plein. Définitivement. Ton coeur est plein d’eau. Plein d’eau. Plein d’eau.
Ton coeur est plein d’eau.
Ton corps est plein d’eau.
Ta vie est océan.
Définitivement.
Il n’y a rien à comprendre.

E.A. pendant concert à UN PEU

Ecriture automatique – 24 juillet 2019

Tu m’offres un amour pur et simple
Un miroir dans lequel je pourrais me voir sans détours
Mais je  suis comme un miroir brisé dont le visage est décomposé en mille morceaux irréconciliables Mon reflet est en guerre ou en chemin. Il n’est en aucune manière paisible. Je suis comme un assoiffé qui aurait désappris à étancher sa soif. De l’image de cet amour que tu m’offres, je ne peux voir que mes failles qui sont comme les craquelures d’un tableau trop avancées pour y remédier. De cette image je ne peux voir que les échos d’un passé qui m’a menti. Je suis comme un manchot à qui on offrirait des fleurs. Il peut les respirer mais jamais les emporter avec lui.Et ton amour est comme un révélateur de mes creux, de mes manques, de mes manquements, tout ce qui compose ma façon d’aimer en somme. Je suis comme un assoiffé incapable d’étancher sa soif à la source qui vient à lui et qui cherche inlassablement la mer où sa soif lui piquera la gorge et dans laquelle sans doute il cherchera à se noyer. Ce n’est pas que l’amour n’existe pas. C’est comme deux routes qui jamais ne se rejoignent. Quelque chose qui rate indéfiniment, sans arrêt, sans repos. L’amour comme deux branches d’un même arbre, qui s’ignorent, dans l’impossibilité de se toucher, ni de se connaître. Tu m’offres cet amour pur et simple et je suis comme une poubelle où tous les déchets d’une vie traînent et ont créé, malgré eux, une cohérence, un paysage, fracturé, mais paysage quand même et qui seraient incapables de bouger sans redevenir les déchets initiaux.
Je suis comme un assoiffé qui aurait désappris la soif.
Il ne doute ni d’elle ni de ton amour, ni même du sien, il doute de la rencontre en un seul point de tous ces éléments. Il ne doute pas du visage ni du miroir, il doute que l’un puisse rendre hommage à l’autre.
Il ne doute même pas de la joie, ni de la ressentir, ni de la vivre, il doute qu’elle puisse se tenir sur une corde, les pieds en pointe, tout au long de celle-ci. L’amour est toujours raté. Comme un dessin. Vive l’amour.

Travail sur photo Frédéric Darras
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Ecriture semi-automatique après concert – 3 – 19 juillet 2019

Après Un PEU

La rage d’écrire. La rage d’écrire. La rage d’écrire. La rage d’écrire. La rage d’écrire. La rage. La rage. La rage décrire. La rage décrire. La rage. Décrire la rage. Décrire la rage. Décrire la rage. Décrire la rage. Décrire la rage. Dès que rire, la rage. Dès que rire, la rage. Dès que, rire la rage. Dès que, rire la rage. Rire la rage. Rire dès que la rage. Rire dès que l’art rage. Rare le rire la rage. Dès que l’âge, le rire la rage. Décalage. Le rire. La rage. Décalage. Le rire. La rage. Le rire à la rage. Le rire à la rage. Le rire à l’arrache. Le rire a la rage. Large le rire de la rage. Large le rire de la rage. Je répète. Large le rire de la rage. La rage du rire. Le large. La rage du rire. Le large. La rage large du rire. La rage large du rire. Rire de la rage. Rage du rire. Rage du rire. Rage du rire. Rage du rire. Erir egar. Erir egar. Egaré et rire. Et rire égaré. Egaré rire. Rire et rire et rire et rire égarer la rage. Rire est garer la rage. Le rire égaré, la rage. Hagard la rage et rire. Et rire. Et rire. Hagard. Rage. Egaré. Et rire. Dès que.

Photo « plutôt 3Q que 4(ou5)G » / Travail photo Frédéric Darras
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Ecriture automatique -15 juillet 2019 –

On a toujours deux naissances. Celle où l’on naît au monde et celle où l’on naît après être mort, cette deuxième naissance arrive très vite ou plus tardivement. Celle où l’on est mort dans le regard de l’autre, celle qui arrive quand on a expérimenté notre mort dans le regard de l’autre, c’est une force indicible, cette naissance-là, car on ne vit plus sur la terre de tous, il n’y a plus de contraintes de survie, la survie est sans que cela soit nécessaire de combattre, la survie est la vie et il n’y a plus de mort préoccupante, il y a des cellules agglomérées qui rencontrent d’autres cellules, cette deuxième naissance est comme un volcan dont rien ne peut contraindre l’activité, elle est comme l’eau qui n’est jamais arrêtée, qui sans cesse se mélange avec ce qui vient à elle, cette deuxième naissance est une mort joyeuse de tout ce qui tue notre vie, elle est sans devoir être, quand tu as vu ta mort dans le regard de l’autre, tu sais que tu peux aimer, tu sais que tu peux vivre même si tu n’existes pas, ta mort dans le regard de l’autre c’est ta naissance fieu. Ta mort dans le regard de l’autre c’est ta vie éternelle. Va vers ta vie éternelle. Une deuxième naissance c’est un cadeau du ciel qu’il t’envoie par le regard de l’autre où tu meurs. Ta mort c’est ta naissance. Faut mourir dans le regard de l’autre pour savoir que l’on vit, expérimenter sa vie sans existence. Alors vive la mort dans le regard de l’autre et qu’on en finisse. Pas de temps. Pas de tendresse. Pas de dressing of love. Come on.
Ta mort dans le regard de l’autre, c’est ton cadeau de naissance, si tu n’en avais pas reçu, te voilà comblé.e.
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Ecriture automatique – 11 juillet 2019

Concert Un peu – été un concert/un texte – 2

Demain c’est trop tard.
Vas . Dans le creux. Demain est une vue de l’esprit. Demain. Deux mains tendues vers le vide. Demain c’est trop tard. Arrête. Vas. Demain. Pourquoi. PLus tard. Après demain ce sera aujourd’hui. Demain n’existe pas. Ailleurs. Partout. Respire. Demain c’est trop tard. Après aujourd’hui demain deux mains tendues vers le vide. Ailleurs parfois si tu peux. Il est là. Comme tu l’imagines il est là. Pas besoin de plus. Pas besoin de lui. Comme tu l’imagines demain c’est trop tard. Ici demain. Allo demain ? il ne répondra pas. Mets demain dans aujourd’hui. N’attends pas. Tu demandes beaucoup à ton corps. De marcher. D’attendre. De vivre. De jouir. D’avancer. De vivre. De parler. Demain n’existe pas. Demain c’est trop tard. Vas. Ailleurs est sous le tapis. Tu te trompes et c’est demain trop tard ce n’est rien Tu te trompes demain tu te trompes d’aujourd’hui. Tu te trompes d’aujourd’hui et ce n’est pas grave. Trompe-toi. Trempe-toi d’aujourd’hui. Les doigts dans ton sexe. Ce n’est pas grave. Demain c’est trop tard. Demain n’existe pas. La pluie claque. Clac. Clac. Des clacs parce qu’aujourd’hui c’est mieux que deux mains. C’est mieux aujourd’hui enduis. Enduit en toi. Enduit avec les doigts. Avec demain et les doigts. Tu te trompes. Il est là. Parce que tu l’imagines. C’est ça qui le fait exister. Il pose ses mains sur tes épaules. Enduis-toi de lui d’aujourd’hui. Enduis-toi d’aujourd’hui. Les joues en feu, demain disparaîtra. Après demain ce sera aujourd’hui à l’infini. A l’infini. Enduis-toi. Il est là. Parce que tes doigts. Demain c’est trop tard. Tard. Tard. Tard. Taré comme demain. Taré au plus tard au plus pressant. Tard-toi Tard-toi. Taré. Tu l’arrêtes pas. Tard. Demain. Taré demain. Deux mains tarées sur tes épaules. Parce que tu l’imagines. Il est là. Enduis-toi. Tard aujourd’hui. Tard demain. Si jamais enduis-toi d’aujourd’hui. Demain n’existe pas. Ta. Tire le toi. Tire le c’est trop tard toi tard enduis demain de toi. Toi. Toi comme une oie. Toi comme une oie n’hésite pas. Il est là. Parce que tu l’imagines. Gyne. Gyne-toi. Tard. Taré. Ta. respire. Ta. Toi enduit demain c’est trop tard. Sors le. Sors le ce taré. Ce tard. Il est là. Deux mains sur ton enduit. Les doigts. Doit le demain. Tu ne dois rien. Tu dois aujourd’hui. Demain tu ne dois rien. Rien. rrrrrrrrrrrrien tarrrrrrrré ta raie. Taré. Demain c’est trop taré. Tu diras aujourd’hui parce que tu es bien ici. Tar. Gyn. Tar. é. De. main. Maintes. Mince demain est mince. Demain trop mince. Enduis-toi d’aujourd’hui. Enduis-toi avec les doigts. Avec doigté. Avec toi.
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Eté 2019 – carnet de concerts – 1 – 6 juillet.

Ecriture automatique – concert Senne

Tu me demandais d’être la femme surpuissante. Ouais ouais. Tu me demandais ça. Et moi en bonne élève j’obéissais. Ouais ouais. Série de textes pendant l’écoute d’un concert. Tout. Aller partout sauf là où l’on me dit d’aller. Je me vois porter l’enfant. Comme un cadeau. Comme un poids aussi. Avec le sourire qui souffre. Et qui pourtant n’était pas vain. N’était pas faux. Tu me demandais tant dans mes oreilles fragiles. J’avais – j’ai – tant besoin d’affection. Tout lien est un risque. Tu me demandais d’être la femme-vent. J’étais la plume et l’ancre. L’enfant dans les bras. Le sourire chaud. Chaud d’amour et chaud de travail. De demande. Tu me demandais tout. Et moi de même. Même la liberté est une cage si la fenêtre ne s’ouvre pas. Je voulais être fenêtre. Et je renonce à l’amour cacahuète. Je suis comme un sol de sable qui absorbe le moindre liquide. Je suis en creux d’affection et pourtant quand quelqu’un me tend un verre je le remplis aisément. Je suis chaton. Je renonce à l’amour cacahuète. Tu me demandais d’être la femme-vent. Je flottais et devais garder les fenêtres fermées. Je suis chaton. Je renonce à l’amour cacahuète. Tout étouffe quand il se place. Aucune, rien, plutôt que tout en place. La perte pour la femme vent semble préférable à toute assurance qui ne serait qu’un masque. Je suis chaton. Je renonce à l’amour cacahuète. Je suis la femme-vent que j’ai toujours voulu être. Mon être chaton s’en trouve déplacé. Je ne le fais pas exprès – les traces sont des chemins qui me sont interdits pour raison de santé – Ma santé me dicte d’être la femme vent. Je renonce à l’amour cacahuète. Celui que l’on réclame comme si la naissance était un dû. Je suis née. Que me faut-il de plus pour aimer ?

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