à la Une

Ecritures automatiques quotidiennes et autres mots – Céline Lory

 

Ecriture automatique
Automatique attraction de ma langue
Ecriture automatique
Parfois je n’arrive pas à parler
Mon corps est déjà en toi
Alors il faut que je marche pour scander ma pensée

Ecriture automatique
Quand j’en désire d’autres
C’est encore toi que je désire
J’ai besoin de te chercher

Ecriture automatique
Le silence s’impose à chaque fois
Rappelle le désir
Le met à nu
Le sol est métallique
J’y retournerai
Manger la terre
Boire le ciel
Vivre enfin

Ecriture automatique
Je suis sur un fil: moi-même
Et je tombe si facilement
Je remonte à regret
Sans rien emporter d’en bas

Ecriture automatique
A l’extérieur je deviens coquille
Le monde et moi
On est séparés

Je marche en rue
C’est comme une musique
J’aime le sol
Tout ce qui est autour de moi me contente
Mon corps est tel le monde en marche
Je parlerais sans m’arrêter
Comme un piano mécanique
Je suis en vie
Et elle entre en moi par tous les pores

Viens
Ne m’oublie pas
Je suis une peau
Qui a besoin d’un corps

Ecriture automatique; 2014

Publicités

Ecriture automatique -15 juillet 2019 –

On a toujours deux naissances. Celle où l’on naît au monde et celle où l’on naît après être mort, cette deuxième naissance arrive très vite ou plus tardivement. Celle où l’on est mort dans le regard de l’autre, celle qui arrive quand on a expérimenté notre mort dans le regard de l’autre, c’est une force indicible, cette naissance-là, car on ne vit plus sur la terre de tous, il n’y a plus de contraintes de survie, la survie est sans que cela soit nécessaire de combattre, la survie est la vie et il n’y a plus de mort préoccupante, il y a des cellules agglomérées qui rencontrent d’autres cellules, cette deuxième naissance est comme un volcan dont rien ne peut contraindre l’activité, elle est comme l’eau qui n’est jamais arrêtée, qui sans cesse se mélange avec ce qui vient à elle, cette deuxième naissance est une mort joyeuse de tout ce qui tue notre vie, elle est sans devoir être, quand tu as vu ta mort dans le regard de l’autre, tu sais que tu peux aimer, tu sais que tu peux vivre même si tu n’existes pas, ta mort dans le regard de l’autre c’est ta naissance fieu. Ta mort dans le regard de l’autre c’est ta vie éternelle. Va vers ta vie éternelle. Une deuxième naissance c’est un cadeau du ciel qu’il t’envoie par le regard de l’autre où tu meurs. Ta mort c’est ta naissance. Faut mourir dans le regard de l’autre pour savoir que l’on vit, expérimenter sa vie sans existence. Alors vive la mort dans le regard de l’autre et qu’on en finisse. Pas de temps. Pas de tendresse. Pas de dressing of love. Come on.
Ta mort dans le regard de l’autre, c’est ton cadeau de naissance, si tu n’en avais pas reçu, te voilà comblé.e.
lavoyeuse4-5t copy

Ecriture automatique – 11 juillet 2019

Concert Un peu – été un concert/un texte – 2

Demain c’est trop tard.
Vas . Dans le creux. Demain est une vue de l’esprit. Demain. Deux mains tendues vers le vide. Demain c’est trop tard. Arrête. Vas. Demain. Pourquoi. PLus tard. Après demain ce sera aujourd’hui. Demain n’existe pas. Ailleurs. Partout. Respire. Demain c’est trop tard. Après aujourd’hui demain deux mains tendues vers le vide. Ailleurs parfois si tu peux. Il est là. Comme tu l’imagines il est là. Pas besoin de plus. Pas besoin de lui. Comme tu l’imagines demain c’est trop tard. Ici demain. Allo demain ? il ne répondra pas. Mets demain dans aujourd’hui. N’attends pas. Tu demandes beaucoup à ton corps. De marcher. D’attendre. De vivre. De jouir. D’avancer. De vivre. De parler. Demain n’existe pas. Demain c’est trop tard. Vas. Ailleurs est sous le tapis. Tu te trompes et c’est demain trop tard ce n’est rien Tu te trompes demain tu te trompes d’aujourd’hui. Tu te trompes d’aujourd’hui et ce n’est pas grave. Trompe-toi. Trempe-toi d’aujourd’hui. Les doigts dans ton sexe. Ce n’est pas grave. Demain c’est trop tard. Demain n’existe pas. La pluie claque. Clac. Clac. Des clacs parce qu’aujourd’hui c’est mieux que deux mains. C’est mieux aujourd’hui enduis. Enduit en toi. Enduit avec les doigts. Avec demain et les doigts. Tu te trompes. Il est là. Parce que tu l’imagines. C’est ça qui le fait exister. Il pose ses mains sur tes épaules. Enduis-toi de lui d’aujourd’hui. Enduis-toi d’aujourd’hui. Les joues en feu, demain disparaîtra. Après demain ce sera aujourd’hui à l’infini. A l’infini. Enduis-toi. Il est là. Parce que tes doigts. Demain c’est trop tard. Tard. Tard. Tard. Taré comme demain. Taré au plus tard au plus pressant. Tard-toi Tard-toi. Taré. Tu l’arrêtes pas. Tard. Demain. Taré demain. Deux mains tarées sur tes épaules. Parce que tu l’imagines. Il est là. Enduis-toi. Tard aujourd’hui. Tard demain. Si jamais enduis-toi d’aujourd’hui. Demain n’existe pas. Ta. Tire le toi. Tire le c’est trop tard toi tard enduis demain de toi. Toi. Toi comme une oie. Toi comme une oie n’hésite pas. Il est là. Parce que tu l’imagines. Gyne. Gyne-toi. Tard. Taré. Ta. respire. Ta. Toi enduit demain c’est trop tard. Sors le. Sors le ce taré. Ce tard. Il est là. Deux mains sur ton enduit. Les doigts. Doit le demain. Tu ne dois rien. Tu dois aujourd’hui. Demain tu ne dois rien. Rien. rrrrrrrrrrrrien tarrrrrrrré ta raie. Taré. Demain c’est trop taré. Tu diras aujourd’hui parce que tu es bien ici. Tar. Gyn. Tar. é. De. main. Maintes. Mince demain est mince. Demain trop mince. Enduis-toi d’aujourd’hui. Enduis-toi avec les doigts. Avec doigté. Avec toi.
64714096_3049018711805407_6182586769549033472_n

Eté 2019 – carnet de concerts – 1 – 6 juillet.

Ecriture automatique – concert Senne

Tu me demandais d’être la femme surpuissante. Ouais ouais. Tu me demandais ça. Et moi en bonne élève j’obéissais. Ouais ouais. Série de textes pendant l’écoute d’un concert. Tout. Aller partout sauf là où l’on me dit d’aller. Je me vois porter l’enfant. Comme un cadeau. Comme un poids aussi. Avec le sourire qui souffre. Et qui pourtant n’était pas vain. N’était pas faux. Tu me demandais tant dans mes oreilles fragiles. J’avais – j’ai – tant besoin d’affection. Tout lien est un risque. Tu me demandais d’être la femme-vent. J’étais la plume et l’ancre. L’enfant dans les bras. Le sourire chaud. Chaud d’amour et chaud de travail. De demande. Tu me demandais tout. Et moi de même. Même la liberté est une cage si la fenêtre ne s’ouvre pas. Je voulais être fenêtre. Et je renonce à l’amour cacahuète. Je suis comme un sol de sable qui absorbe le moindre liquide. Je suis en creux d’affection et pourtant quand quelqu’un me tend un verre je le remplis aisément. Je suis chaton. Je renonce à l’amour cacahuète. Tu me demandais d’être la femme-vent. Je flottais et devais garder les fenêtres fermées. Je suis chaton. Je renonce à l’amour cacahuète. Tout étouffe quand il se place. Aucune, rien, plutôt que tout en place. La perte pour la femme vent semble préférable à toute assurance qui ne serait qu’un masque. Je suis chaton. Je renonce à l’amour cacahuète. Je suis la femme-vent que j’ai toujours voulu être. Mon être chaton s’en trouve déplacé. Je ne le fais pas exprès – les traces sont des chemins qui me sont interdits pour raison de santé – Ma santé me dicte d’être la femme vent. Je renonce à l’amour cacahuète. Celui que l’on réclame comme si la naissance était un dû. Je suis née. Que me faut-il de plus pour aimer ?

53330412_2545393955532264_7937071546936328192_o

Ecriture automatique – 22 juin 2019

Jusqu’à ce que chair se passe. Je ne mords pas sauf si on me transforme en chien. J’ai le temps. Le temps je l’ai tout de suite. Il ne me fait pas attendre. Il est plein. Complètement là. Pas à moitié. Pas sous réserve. J’ai mis une bulle d’oxygène dans ma tête. Et mon corps. J’ai mis mon corps dans ma tête. Le temps et moi on passe de bons moments. Sans rien dire. On se comprend. Parfois il me déclare sa flamme. Parfois je lui fais une déclaration. Sans plus. Puis on se quitte sans trop savoir pourquoi (dénégation). Si le temps entre en moi je ne me manque jamais dans ces moments-là. J’ai deux corps, deux âmes, une vie. La corde je la laisse à l’horizontale. Je marche dessus, tout le monde joue à la corde dans ma tête. Et peut-être je joue à la corde dans la tête des autres. Tu as fait un tour de magie et j’ai dit exactement le contraire de ce que je pensais. Magie. Une espèce d’abnégation en forme de dénégation. Quelque chose de déguisé en tous cas. Les déguisements sont des oignons. En manger éloigne les serpents et les scorpions. Quand ma tête dégonfle, la vie peut y entrer. J’aime dire aux femmes que je les trouve belles, belles au fond de mes yeux, un calme absolu – même si certaines crient, le reste je l’ai déjà dit, quel amour de la répétition faut-il pour continuer à vivre ou tu parlais d’espoir ou d’espérance, c’est le filtre pour ma part, qu’on placerait entre la répétition et l’espérance, le filtre qui de figuration passerait au rôle principal, une pièce montée à 4 épingles dont les pointes auraient été arrondies, j’aime les filles rondes, elles me rappellent l’épaisseur de la vie, ma vie étant aussi fine qu’un papier de soie, mettons-nous les un.e.s sur les autres pour lui donner un peu de consistance, clémence.