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Ecritures automatiques quotidiennes et autres mots – Céline Lory

 

Ecriture automatique
Automatique attraction de ma langue
Ecriture automatique
Parfois je n’arrive pas à parler
Mon corps est déjà en toi
Alors il faut que je marche pour scander ma pensée

Ecriture automatique
Quand j’en désire d’autres
C’est encore toi que je désire
J’ai besoin de te chercher

Ecriture automatique
Le silence s’impose à chaque fois
Rappelle le désir
Le met à nu
Le sol est métallique
J’y retournerai
Manger la terre
Boire le ciel
Vivre enfin

Ecriture automatique
Je suis sur un fil: moi-même
Et je tombe si facilement
Je remonte à regret
Sans rien emporter d’en bas

Ecriture automatique
A l’extérieur je deviens coquille
Le monde et moi
On est séparés

Je marche en rue
C’est comme une musique
J’aime le sol
Tout ce qui est autour de moi me contente
Mon corps est tel le monde en marche
Je parlerais sans m’arrêter
Comme un piano mécanique
Je suis en vie
Et elle entre en moi par tous les pores

Viens
Ne m’oublie pas
Je suis une peau
Qui a besoin d’un corps

Ecriture automatique; 2014

Écriture automatique – 10 novembre 2021

Même si la plupart des gens n’y croient pas, on peut mourir bêtement. Ça semble tellement absurde que la plupart nie cette évidence. Ceci dit, il y a plein d’autres choses que l’on peut faire bêtement, rassurons-nous: ce que beaucoup réussissent est vivre bêtement. C’est même devenu une sorte de sport mondial. Naître. Souffrir. Crever. Une autre chose plus délicate à réussir est aimer bêtement. Franchement c’est la meilleure chose à faire bêtement et que l’on ne réussit que si on le fait bêtement. Donc pourquoi s’en priver ? Or il semblerait que là, ça coince assez. Aimer bêtement demande sans doute de ne pas vivre bêtement. Ça demande sans doute de s’en foutre suffisamment. D’être un•e a•i•mant•e suffisamment mauvais•e pour paraphraser Lacan. Je passe mon tour concernant la performance toute humaine à penser bêtement, à baiser bêtement ou à s’en faire pour rien. Puisqu’on va mourir bêtement. Demain, cette nuit par exemple. En général, à ce stade, on détourne subtilement nos pensées vers des tâches ménagères, un verre de whisky ou quelques caresses. Parce qu’aimer bêtement se résume finalement à ne pas baiser bêtement mais à baiser comme des bêtes. Penser que l’on meure demain est un lieu commun que peu de gens osent habiter. Le corps, qu’un jour proche nous obligera à quitter, le plus souvent bêtement, reste une chose dont on essaie obstinément de se débarrasser, ses besoins, ses envies, on y pense bêtement avec honte – alors que bientôt il ne sera plus – et nous avec lui. Vivre bêtement vs aimer bêtement. S’aimer comme des bêtes.

Écriture automatique, 1er novembre 2021.

Chercher l’amour c’est comme chercher dans ton tiroir un roman que tu n’as jamais écrit. Le privilège des marginaux.ales c’est de déféquer dans la marge. La prendre en pleine poire. La mesurer et la plier comme pourrait le faire un.e haltérophile. Ou s’en foutre. On connaît peu son plaisir. Le vrai, il est tel qu’un bout de dinde: enfilé de part et d’autre. Et quand il s’échappe nos mains ne peuvent pas plus le palper. Vie.J’écoutais cette musique et je pensais à cette leçon reçue d’André Gide, leçon la plus dure et saine: ne fais que ce que toi seul.e peut faire. Ça peut s’appliquer à un tas de choses, des plus drôles aux plus pratiques, ça peut aussi être douloureux. Fais ce que toi seul.e peut faire demande du courage. Sauf si on se contente de déféquer. Quitter les modèles et ne pas s’attendre à un adoubement ( de qui de quoi ?) . Rien ne me lie. Je travaille le non-attachement autant que la société travaille à nous quadriller dans des cases toujours plus ineptes, étroites, hypocrites. Ça semble malheureux mais en fait absolument pas. « C’est moi qui ai vécu » disait Musset. On ne doit rien qu’à soi-même. Je t’aime. Moi non plus. Pourquoi pas ? La trahison est le ciment de l’amour.

Ecriture automatique – double passage – 26 juillet 2021

Je. Puuuuuuuuut. Qui sait ? Puuuuuuuuuut. Où suis-je ? Puuuuuuuuut. Peut-on en être sûre ? Puuuuuuuuut. Une peau. Puuuuuuuuut. Un désir. Puuuuuuuuut. Merde je montre mon corps. Puuuuuuuuut. Et le poids du monde me tombe dessus. Puuuuuuuuut. Comme le sexe intrusif. Puuuuuuuuut. T’avais qu’à pas. Puuuuuuuuut. T’avais qu’à pas. Puuuuuuuuut. T’avais qu’à pas te déshabiller. Puuuuuuuuut. Comme la jupe dans la rue. Puuuuuuuuut. Tu es coupable par principe. Puuuuuuuuut. Tu es coupable de la lubricité. Puuuuuuuuut. Qui dit ça ? Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. La ligne est parasitée. Puuuuuuuuut. Qui dit ça ? Puuuuuuuuut. Allô ? Allô ? Puuuuuuuuut. Le corps est coupable. Puuuuuuuuut. Nu, il n’a droit à aucun procès. Puuuuuuuuut. Ainsi va le monde beau. Puuuuuuuuut. D’un côté les méchants. Puuuuuuuuut. D’un côté. Puuuuuuuuut. Et d’un coup tu peux tomber de l’autre côté. Puuuuuuuuut. Si tu enlèves le haut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut . La ligne est parasitée. Si tu enlèves le haut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Tu entends ? Puuuuuuuuut. J’entends plus rien. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Attends ! Puuuuuuuuut. J’entends plus rien. Puuuuuuuuut. A toi. Le monde qui fonctionne mâle.
Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. La ligne est brouillée. Désolée. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Pffff j’entends rien. Puuuuuuuuut. Plus rien n’a de sens. Puuuuuuuuut. Tu es coupable. Puuuuuuuuut. Tu sauras pourquoi. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Discours. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. Puuuuuuuuut. T’enserrent. Puuuuuuuuut. Lions. Tu es rentrée dans la cage. Puuuuuuuuut. Coupable. Puuuuuuuuut. T’as rien à dire. Tu coupes la tête ou on te la coupe. Puuuuuuuuut. Tu n’as plus de défense. Puuuuuuuuut. Plus de melodie. Puuuuuuuuut. Plus d’humour. Puuuuuuuuut. On peut te cracher dessus. Puuuuuuuuut. Allé ! Crachons dessus ! Puuuuuuuuut ! Puuuuuuuuut ! Puuuuuuuuut ! Qui ne crache pas ? Puuuuuuuuut ! Puuuuuuuuut ! La coupable suivante ! Puuuuuuuuut ! Ça nous changera les idées ! Puuuuuuuuut ! Putain de ligne brouillée ! Puuuuuuuuut ! Les idées suicidaires ! Puuuuuuuuut ! Changer d’air ! Puuuuuuuuut ! Rien ne se crée. Puuuuuuuuut ! Puuuuuuuuut ! Rien ne disparaît ! Puuuuuuuuut ! Tu seras ! Puuuuuuuuut ! Tu es ! Puuuuuuuuut !

Écriture automatique – 13 juillet 2021

Aujourd’hui je n’allume pas la lumière.
Se définir en négatif.
Oser le faire.
Mettre bas les pensées fécondées in vitro dans un trou béant. Comme une chienne. Les laisser crever. Je suis une mère. Je peux accoucher de la mort. De la haine. De la bêtise. Je ne suis pas grande. Je ne suis pas top model. Je ne suis pas belle. Je ne suis pas un visage poupin. Je ne suis pas pleine de mystères. Je ne suis pas femme fatale. Je ne suis pas méchante. Je ne suis pas cruelle. Je ne suis pas époustouflante. Je ne suis pas olympique. Je ne suis pas une brise du vent. Je ne suis pas inatteignable. Je ne suis pas jeune. Je ne suis pas pulpeuse. Je ne suis pas sublime. Je ne suis pas renversante. Je ne suis pas exotique. Je ne suis pas classique. Je ne suis pas porcelaine. Je ne suis pas androgyne. Je ne suis pas compliquée. Je ne suis pas folle. Je ne suis pas sympa. Je ne suis pas photogénique. Je ne suis pas jolie sur tous les plans. Je ne suis pas sexy quoi que je porte. Je ne suis pas frêle. Je ne suis pas ça ni son contraire. Je ne suis pas craquante. Je ne suis pas drôle à tout moment. Je ne suis pas douce. Je ne suis pas sûre de moi. Je ne suis pas fragile. Je ne suis pas inoubliable. Je ne suis pas longiligne. Je ne suis pas reine. Je ne suis pas princesse. Je ne suis pas diva. Je ne suis pas indifférente. Je ne suis pas libre. Je ne suis pas libérée. Je ne suis pas experte. Je ne suis pas sportive, et gracieuse, et intelligente, je ne suis pas le bon numéro. Je ne suis pas inaccessible. Je ne suis pas une beauté incendiaire. Je ne suis pas une beauté froide.
Et je ne suis pas toute cette merde que le monde nous met dans la tête.

Ecriture autofoliante – 05/07/2021

Déjà ce matin, tu m’aimais moins. Nous ne savons pas à quoi ressemblerait le omnde si chacu.Ne laissait sa folie prendre la parole, prendre l’espace, kidnapper le temps. Vraiment on ne sait pas – notre cerveau est rempli de frontières, de barbelés et on se pAnse libres ? Par exemple, si ma folie m’habillait, je pense que je ne sortirais jamais sans une plante dans mes bras – sur ma tête ) ou grimpant le long de ma jambe. Si ma folie habitait tout mon être, j’appellerais chacun chacune à ne plus sortir, non pas sans vbêtement ou sans cmasque mais sans une plante. On se salu.r.erait par plantes interposées – on pourrait, en signe d’a·m·ffec·ti·our·on·itié, donner de là-h·eau·t à la plante que chacune chacun porterait à ses côtés, la plante serait notre mise à nu au monde, si la plante est vive, dressée vers la lumière, en appel de chaleur, si la plante est triste, si la lptane ne parle plus, … non on ne sait pas du tout ce que serait la monde si on ac·cueillait notre folie – On dit le monde est fou mais s’il a une chose pas du tout folle ici-bas c’est le monde, le monde est carré comm un jardin des villes – si vraiment on touchait du doigt la folie, on n’en serait pas là, à ramer nos contra·ts·dictions, à articuler, à mijoter nos misères, à exclure, exclure, exclure, ce maître-mot de la survivance de bas-étage, vraiment si on faisait un peu de place à notre folie, ça exploserait dans toutes les sens, les couleurs, ça r·irait partout, on n’aurait plus besoin des béquilliiiiiiiiiies de la rationnalit’esrien des théo·ries, et que je te mette tel CIStème dans la gueule, non plus rien de tout ça, le monde deviendrait exponentiel, tu sais ça ? La terre aurait une tête de plus au moins, elle souririait, si notre folie pouvait parler, ce serait une musique formidable, d’une puissance qui rejeterait ce mot même, si la folie pouvait habiter ce monde, sion acceptait d’en être une parcelle, on ferait exploser nos cerveaux explosés, nos cervelles barrica.f.dées, tu sais ça ?, le monde appar·tiendrait à notre folie, on accepterait d’être propriétaire de Rien, notre corps boirait à la source, tranquille, jo·yeux, sans crainte, oui, tu sais ça ? , va arracher une brindille, mets-la en pot et reviens vers m·oi.

E.A. 30 juin 2021.

H(ors) S(érie)
Il aurait dû se voir détaler ! Je ne vais pas me taire il y en a marre que l’impunité de tous les tripoteurs de rue soit le vomi de ce monde, à peine qu’il avait mis sa main que je lui retirais d’un coup que j’aurais voulu bien plus violent, quelques pas et je me suis dit : je peux pas le laisser continuer son chemin tranquillou – je recommence à l’apostropher, à marcher après lui, lui tournant à la première rue perpendiculaire pour m’échapper, moi continuant à lui crier dessus, et lui dire d’avoir le courage de ses gestes et de revenir pour qu’on s’explique, marchant vite, lui finalement prenant ses jambes à son cou, tu aurais dû le voir, c’était drôle, si drôle, même pas pathétique, mon dégueuli, tu étais drôlement ridicule, et je te laisse rien du tout, tu vois, je te laisse même pas le plaisir de te masturber après tes méfaits, y en a marre, je te laisse même pas me faire regretter quoi que ce soit, y en a marre, mon corps est explosif, j’en jouis et j’en ai rien à foutre que ça te tente, je me suis mise à courir après toi, je t’aurais rattrapé c’est sûr, et je t’aurais mis mon poing dans ta tronche de débile, oui, c’est violent, et c’est le miroir de ce que tu fais subir à toutes tes victimes – monsieur le juge, vous vous êtes déjà fait tripoter les fesses par un inconnu dans la rue ? non ? ben alors vous avez juste le droit de vous taire – parce qu’en fait y en a marre de devoir en même temps subir les diktats du corps de la bonne meuf d’un côté et d’en plus ne pas pouvoir jouir de son corps en rue, j’ai ri mais j’ai ri en te voyant détaler, mettre tes mains dans tes poches d’imbécile et commencer à courir, j’aurais voulu être un pavé détaché du trottoir pour pouvoir te voir t’étaler en voulant détaler ta propre lâcheté, y a rien à dire, faut tout faire péter, j’en profite pour dire que c’est fini les spectacles où on donne à voir sans troubler, où on donne à voir ce qui veut être vu, tout exploser, tant pis si certain.es n’y comprennent rien, ce qui doit se montrer c’est l’incompréhensible, c’est justement ce qui ne se montre pas, tout faire exploser, c’est ça, et si j’avais pu faire fi de ce qui me reste de surmoi, j’aurais mis ta gueule dans le panier, parce que si je l’abîme, c’est à l’image de cette impression de dépossession quand ta main a touché mon cul, grand dégueuli de merde, y en a marre d’être soumise à toute cette merde, j’en ai rien à foutre de te gueuler dessus en pleine rue et que les gens se retournent , moi j’étais là et si t’avais eu un morceau de cerveau, je te l’aurais arraché vite fait, dans la rue, c’est fini d’être la victime, c’est fini d’être dans la peur, je suis violente et oui, je suis violente parce que c’est la seule réponse valable à ta violence d’imbécile que je peux donner moi toute seule en rue, je suis comme un chien oui, un sale cabot qui voulait mordre pour faire mal, ah mais j’ai ri à la place, j’ai ri, j’ai ri, j’ai ri en te voyant détaler avec tes petites jambes de non-être, j’ai ri parce que rien de tes délits ne pourra enlever un millième de ma jouissance d’être au monde, HOUHOUHOU, j’étais le fantôme de ta mère, le fantôme de toutes ces femmes qui ont subi tes violences, HOUHOUHOU, et t’as peur, putain, t’as détalé, t’avais peur là, ahahaha, j’ai joui de ta peur, mon vieux connard, oui, tu veux savoir, j’ai joui bien plus que tu ne pourras jamais jouir dans ta vie, et c’est bien parce que je suis encore une femme bien trop polie et soumise que je n’ai pas continué à te courir après pour t’arracher ce qui te reste de tes organes reproducteurs, et sur scène c’est pareil, y en a marre de devoir produire du sens et du compréhensible, putain, si on savait ce que les gens aimeraient qu’on arrête de leur bassiner des leçons, si on savait comme on est en manque de chair, et qu’on est là comme apeurées de ce que les imbéciles pourraient penser, faire, comme toi espèce de crouton, y en a marre. Nous.es On va tout faire exploser. Et ce n’est pas fini.

Écriture automatique – 26 février 2021

Et d’un coup tu te rappelles que tu n’as jamais aimé le maquillage “de filles”. Sur toi. Que ce maquillage là non, vraiment ça ne t’allait pas. Que tu as toujours détesté tous les codes qui t’étaient donnés de l’extérieur pour être femme. Que ce que tu cherchais c’était bien autre chose. Une autre femme. Peut-être toi. Peut-être un fantasme. Mais pas ce maquillage là. Qui ne faisait qu’alourdir tes traits et te donner un visage que tu ne connaissais pas. Augmentait ta tristesse et te donnait l’impression d’être une clo(w)ne sociale. Tu préférais te maquiller en chat. En cow-boy. Ou en rien du tout. Que les élucubrations de tes pensées. Que tu préférais ce ridicule là à celui convenu du maquillage parfaitement formaté cadré. Que les yeux de biche ce n’était décidément pas pour toi. Les yeux bien poudrés en couleurs. Double s’il vous plait. Non. Alors tu en as fait des triangles et des rectangles. Des formes dans lesquelles tes yeux se retrouvaient mieux. Se reconnaissaient. Qui ne leur donnaient pas envie de se crever. Et le reste avec. Le maquillage c’était de la pâte à modeler, c’était de la peinture, tu étais un mur, tu avais envie d’écrire quelque chose sur ce mur – et non y laisser s’inscrire , à même la peau, tout ce contre quoi tu luttais chaque jour, ces murs et ces questions qui te poursuivaient à chaque instant, cette seconde peau qui t’allait si mal qui te faisait si mal ce que tu voulais dans ces formes et ces couleurs c’était la liberté. Juste ça. Et s’il fallait tout gribouiller alors tu gribouillerais toute ta vie. Le maquillage c’était une fête et non un formatage. Tout était fête. Tu voulais ça. Que tout soit fête. Que ta volonté soit fête.

Essai d’une description – 2 – écriture automatique- 22 mai 2021

Non je ne me calmerai pas. Ce qui est important pour un alcoolique, ce n’est pas qu’il boive mais qu’il ait soif ! Je crache la douceur et j’offre la révolte – le monde des apparences nous a gavées jusqu’aux yeux, hors de question de taire avec nos langues ce que nos pupilles sont obligées de voir ! C’est sur la haine que se bâtissent les histoires d’amour, c’est sur cette conscience que l’on peut espérer un jour aimer et vivre mieux !
Tout le monde est fou et tant mieux. C’est notre seule porte de secours, l’exception étant regardée comme une tare dans cette société.
Qu’on ne se calme pas, oui !, de regarder toujours au-delà. Rien n’est noir ou blanc , cela ne veut pas dire que tout est gris. Si je fais l’amour avec toi et que tu t’en moques, il me reste l’amour – c’est déjà pas si mal.
L’amour a une double porte – entre les deux, c’est le paradis – y rester est un art – mais je mélange tout – pour les unicistes de la pensée – quand je tire sur un mot, c’est toute la vie qui vient, qu’on me pardonne ! Le désordre n’est plus un mot d’ordre : c’est notre pain quotidien , l’apéro, le plat principal et le dessert, aucun autre menu disponible et nous ferions la fine bouche ? Ben non. Le désordre c’est notre chance – aux imbéciles aussi, c’est incontestable – mais si la folie et la bêtise fleurissent ensemble, faisons contre mauvaise compagnie, bonne résistance : notre soif ne s’éteindra jamais pendant que la sieste fera ronfler la bêtise des rassasiés.

nouvelle écriture automatique / 3 avril 2021/ Céline lory/ la préparation du matin

Aller au jardin
Surveiller le chaton
Écrire pour les autres
Mais d’abord faire l’amour.

La peau de l’écriture me manque comme une encre
Tous les mots dont on connaît l’existence
Au point de ne plus oser les répéter
Mais d’abord faire l’amour.

Sortir dans la rue
S’asseoir à une terrasse
Écouter la musique des voitures qui passent
Mais d’abord faire l’amour.

Découvrir de nouveaux sons
De nouvelles images,
Passer en revue ce que la journée nous tend
Mais d’abord faire l’amour.

Laisser divaguer les pensées
Mettre la main dans la pâte quotidienne
Mais d’abord faire l’amour.

Militer, crier, revendiquer.
Mais d’abord faire l’amour.

Faire la liste de nos manquements
Faire la liste de tous les “il faut”
Mais d’abord faire l’amour.

Parler au voisin
Penser au futur
Regarder le passé
( ou l’inverse )
Mais d’abord faire l’amour.
Mais d’abord faire l’amour.
Mais d’abord faire l’amour.