Ecriture automatique – 24 août 2017

Je vais mettre un point. Un point à la ligne. Un point sur le i. Un point sur le i de tes fausses idées. Je suis feu et essence. Il te faut être eau pour m’approcher. Ou bois si tu veux brûler. Je vais mettre un poids. Un poids sur ma ligne, Un poids à la ligne, un poids sur le i de Céline. Je pèse plus que ce que tu crois. Les années m’ont donné du poids. Ce matin j’ai une sale gueule et je m’en fous. Je me vois. Elle me plaît. Ne plus avoir la tête d’un enfant, c’est rassurant même si ça ne plaît pas. La sale gueule elle a du poids. Elle tape du poing sur la table des iiiiiiiiiii-diots. C’est comme ça, tant pis si ça n’est pas correct. La table tremble quand la sale gueule prend son café. Parfois ça fait du bien de s’aimer dans sa mocheté. Un truc pas conditionnel. Un truc où il n’y a plus de iiiiiiiiiiiiiiiii-diots avec qui tu vas devoir à un moment donné mettre un point. Et les points, c’est lourd à porter. On aimerait s’en passer, laisser tomber, vers une nouvelle orthographe de i sans point. de vie sans poids. d’amour sans coup de poing. Oui ce matin, tu as, j’ai une sale gueule et tu souris, je souris quand même parce que l’on sait qu’avec elle, on va faire des choses jolies jolies avec des points sur le i en forme d’accents circonfle-seXe, ce matin, j’ai une sale gueule et pour la première fois cela n’a aucun poids.

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Ecriture automatique – 21 août 2017

J’ai rêvé que j’avais un téton sur le milieu du ventre, à la place du nombril, comme un doigt accusateur. J’essayais de le décoller mais il faisait partie de moi. Et je le sentais alors comme une chose en plus. en trop. mais attachée à moi. Etait-il là pour me rappeler ma féminité ? Ma maternité ? Etait-il là comme un sexe masculin en érection ? Que me voulait-il ? Il me troublait comme une partie de moi-même inconnue. Et il me semble qu’il s’accompagnait de reproches d’une voix lointaine. j’ai oublié ses mots. Le téton aurait pu lui aussi se transformer en bouche et commencer à parler. Au lieu de ça, je me retournais sur le ventre pour le cacher. Et ce sont mes fesses qui faisaient barrage. Le téton pouvait expirer, crever, être asphyxié entre mon corps et les draps, il pouvait s’infecter, devenir furoncle, plaie ouverte et purulente. Mais non, quand je le regardai à nouveau il était toujours là bien en place et je sentais ma respiration difficile à calmer. Je ne m’en souviens que maintenant comme une chose vécue et aussitôt oubliée, comme si en se souvenant, on étirait la vie, on la dépliait en redécouvrant des parties dans l’obscurité des plis, et finalement, comme à chaque fois jusqu’ici, je me réveillai.

Ecriture automatique – 20 août 2017

Je resterais bien sans jour chez moi. Nous n’étions le dieu ni de l’un ni de l’autre et en souffrions terriblement. Parfois on veut juste faire une chose. Une seule et petite chose mais dans la tête des autres, c’est une autre chose. Et les choses s’empilent jusqu’à s’écrouler. Et rien ne se fait. Si on peut échapper à ça, c’est déjà ça.  Mon « C’est déjà ça » en réponse à ton « C’était trop beau ». Chacun avec sa petite chose et sa petite phrase, sa petite réplique, qu’importe que je sois homme ou femme, I am your man, le temps perdu comme du pain perdu dont on ferait quand même quelque chose, pas cette petite chose-là, de tout-à-l’heure, non, quelque chose de l’ordre du décalé. On grandit toujours ailleurs, ailleurs que là où on aurait dû grandir, on est toujours aimé ailleurs, ailleurs que là où on aurait attendu, ce pain-là, j’en mange, on ne peut pas ne pas en manger, tout le monde en mange, de ce pain-là, perdu jamais, perdu à jamais là où il aurait été excellent, mais bon là où on le mange, maintenant, perdu dans cette place unique mais mangé par ailleurs, dévoré même, rien ne se perd tout se crée et cette petite chose qui taraude toujours, comme une vieille tranche qui traîne, on finit par l’oublier, elle se perd dans notre dévoration de notre pain quotidien mais elle n’est pas perdue, elle est là, regarde, elle est là, regarde bien, vaillante comme une chose qui a connu l’échec, l’oubli, la perte, elle est perdue et ressuscitée.

Ecriture automatique – 19 août 2017

Qui s’en charge de me décharger ? Personne. Personne se charge du déchargement des autres. Chacun se décharge. A sa décharge. Je me décharge de ta charge, décharge-toi, décharge-toi en moi, dé-chance-moi et qu’on en finisse de ces chargements incessants. Qui se charge de mon déchargement ? Qui se charge de me charger ? Faut un peu de charge pour commencer dans la vie. Faut en avoir un peu gros sur le coeur, sinon remplis-toi du vide, du vide remplis-toi, qu’il envahisse tout l’espace de tes membres et de ton tronc, comme un arbre mort, laisse le vide monter en toi comme une sève, tu sais bien, tu sais bien, pas de charge pour toi, pas de change, pas de charge, déchargement immédiat aucun embarquement, aucun embarquement, barque barque beurk, qui s’en charge vraiment de tes désirs, du fond de ta gorge, dans tes poumons, qui s’en charge de la charge sur ton dos ? Qui s’en charge ? Tu charges, tu décharges, ta vie est un dé-chargement permanent, t’en as gros sur le dos, t’en as plein le coeur, chargement charmant tu aimerais entendre mais il n’y a que la charge devant tes yeux, tu essayes de décharger, tu cours, tu trébuches sur la charge d’un autre, sur le chargement d’un plus malchanceux tu t’écroules comme une charge que le monde ne soutient plus, n’a jamais portée, tu laisses tomber ton fardeau parce que ton fardeau, c’est toi, tu le comprends en t’écroulant parterre, que la charge tu ne pourras jamais t’en défaire tant que le monde ne changera pas sa charge puisque la charge, dit-il, c’est toi.

Ca s’arrache, ça arrache, ça charge et ça arrache, ça arrache les araignées du monde chargé, ça arrache les arachnées, les arraches, les arraches, les âmes rêches.
La chaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaarge. Charge. Chhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh-rage.
En-rage la charge. En-rage la charge. En-rage la charge.

Écriture automatique – xx juillet 2017

Tout l’alphabet. Tous à l’alphabet. Je me suis défait du passé. J’ai cassé l’enchantement. En moi c’est la dérive des continents du temps, je n’ai plus rien à voir avec le passé, je le vois au loin, je ne l’enterre pas mais il ne touche plus les terres de mon présent, je le regarde, lointain, comme une épreuve qu’on ne devra plus repasser, et mon présent ne tombe plus dans le même passé, mon présent est un présent perpétuel, les jours s’écoulent dans une ouateur que j’aime me rappeler, m’y vautrer, je me vautre dans le doux présent, je suis sur les hauteurs, seule, la dérive s’est faite sans déchirement, l’accouchement a eu lieu, du passé mort-né, ma vie est rose du sang versé, tous ces morts laissés derrière moi, trop lourds pour les emporter, trop lourd de marcher ensemble, ça tire, I am your man, et c’est tout, il n’y en a qu’un seul que je voudrais baiser, et c’est le temps. 

Écriture automatique – 16 août 2017

On prendrait juste des positions pour remplir mon imaginaire. Juste os contre os.

Je te vois passer dans la rue. Toujours en travail, vers soi, vers les autres. Cherchant sans cesse ton reflet, ta place, tes désirs, ton empreinte. Toujours fragile. Je voudrais vous prendre toutes dans mes bras. Je vous désire, sans objet, sans geste. Ces êtres qui marchez sur cette pente fragile, vers ce quelque chose qu’on vous a attribué et aussitôt retiré, toujours en recherche vous êtes, de ce Graal féminin, j’ai envie d’être chacune d’entre vous, vous êtes multiples, infinité, visages qui donnent l’eau à la bouche. Je voudrais me mettre dans le creux de vos gestes, être toutes et chacune, délire incarnation. Vous ne comprenez pas ce que je vous dis ? Je vous hais-me ! Je vous hais-me ! 

Fermons les yeux. Mes mains sont attirées par vos corps tout en restant immobiles. Une sensation douce-amère de ne vouloir bouger, le contraire d’un désir qui serait encore un désir. 

Écriture automatique – 16 août 2017

Je suis sur le pas de la porte. Toujours sur le pas de la porte. C’est là que je me sens bien. Le pas de la porte. La porte qui dit non. Le pas de la porte de tout ce qu’on ne fera pas. Le pas de la porte, le pas que je ne ferai pas. Le pas de la porte ouverte. Je suis sur le pas de ma vie. Le pas, ce non que je prononce sans cesse. Pas ça. Pas ça. Le pas de ça. Le pas de danse. Le pas de danse. Celui que les corps mettent en scène. Le pas de mes ancêtres. Le pas de mes animaux. Le pas de ma chatte. Elle dit «pas pas pas» passe ton chemin. Elle dit «pas pas pas» assez. Je suis sur le pas de ma chatte. Cette porte qui parfois se ferme au monde dont elle est l’origine. Je suis sur le pas de mon animalité. Je lui marche sur les pieds. Je lui fais mal. La douleur est une chose qui l’étonne. Je suis sur le pas d’une histoire, ce qu’elle ne contera pas. Je suis sur le pas de ce monde absurde, je suis sur le pas de la communauté des hommes qui marchent au pas. Pas. Pas. Pas. Pas. Non pas. Non pas. Non pas. Non pas ça. Non pas ça. Non pas ça. Passage du temps qui sauve les hommes et les perd par le même temps, passage, pas sage. Pas sage, je suis sur le pas sage de ma vie. Le temps passe trop vite avec toi.