Ecriture automatique – 3 octobre 2018

40012169_2140196049385392_1765849952342245376_oJe voulais mourir
Comme la chenille veut devenir papillon

Je voulais mourir
Comme l’oiseau veut aller au-dessus des nuages

Je voulais mourir
Comme on voudrait voir l’autre côté de la lune

Je voulais mourir
Comme on attend le printemps

Je voulais mourir
Comme on ferme la porte d’une maison

Je voulais mourir
Comme la peau se renouvelle

Je voulais mourir
Comme le ciel cherche une frontière

Je voulais mourir
Comme on cherche le sommeil

Je voulais mourir
Comme le rêve d’une deuxième vie

Je voulais mourir
Comme le rouge veut être bleu

Je voulais mourir
Comme un lendemain

Je voulais mourir
Comme on change de pays

Je voulais mourir
Comme un oui

Je voulais mourir
Comme un accord parfait

Je voulais mourir
Comme la mort qui ne finit pas

Je voulais mourir
Comme on ouvre une fenêtre

Je voulais mourir,
Enfant.

 

 

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Ecriture automatique – 2 octobre 2018

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Je vis des histoires sans fantaisie

Corps à corps – Terre à terre

Pas de quoi faire une chanson

Pourtant le ciel triste devrait

ramener mes amours

Dans les souterrains de mes pensées

Là où poussent les nuages

Qui donnent au soleil ses saveurs

particulières

Mes amitiés sont plus belles que vos amours

Mes amours ont la brièveté de la saison des cerises

Comme tous

Sans doute,

J’ai une énergie en moi

Qui bouillonne

Et qui pourtant reste

Souvent entre mes murs.

J’ouvre la porte – elle se referme –

C’est un sport quotidien.

Comme tous

Sans doute,

Je ne prends plaisir à voir

Que peu de monde –

Quelques personnes au bout de mes doigts

Sainte Marie qui êtes aux pieux

Que votre cul soit caressé

Au nom du bonheur,

de la volupté et de la vie.

Comme tous

Sans doute,

Tous les jours amènent leur lot

d’injonctions

Tu seras, ma fille !

Comme autant de murs qui nous enferment

Comme tous

Sans doute,

Je rêve de potions et de formules

Qui transformeraient le monde en prince charmant

Et qui baiserait sans vergogne la vie –

la mienne, la vôtre, tour à tour.

Comme tous

Sans doute,

Je sais que mes jours sont comptés

Sans que je ne compte ceux des autres –

Cet autre fait d’un bloc – éternel –

Ecrire une chanson ?

pourquoi pas.

Mais d’abord pourquoi.

Corps à corps terre à terre

Les heures tournent sans nos pas

Les rues nous attendent et nous n’y allons pas

Coeur, corps, je n’en ai cure

J’arrête les mots qui tournent au vinaigre – le monde pue assez –

J’apprendrai à conduire, foi de sorcière ! , pour le fuir en allant à sa rencontre.

 

 

Ecriture automatique – septembre 2018

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Cette douceur qui t’agresse

J’en ferai mon porte-flambeau

Brûler ton coeur ou ton cerveau

Car ta violence ne réveille aucune conscience

Elle fascine parfois, elle transperce

mais rien ne pousse à l’endroit de la blessure

Cette douceur qui m’échappe

S’échappe de moi

Je la regarde traverser le visage

Des passants et des rencontres

Sans doute s’efface-t-elle avec le temps

Mais au moins ai-je la conviction qu’elle éveille

dans leur coeur quelque chose qui t’échappe

Ecriture automatique – 20 septembre 2018

Je me colle à la peau. Tous les chemins mènent quelque part – quelle pitié, je voudrais un chemin qui ne mène nulle part – que je m’y étale. C’est fou ce qu’une larme peut tracer comme route. Je me colle à la peau comme un plein été – Je m’essore ensuite de toutes ces minutes qui m’envahissent – Je m’expose  en plein être – Je m’explose en nature. Je m’exploite en liquide – avant la panne sèche. Je voudrais être séduite par tel point de vue – de m’y arrêter – mais mon corps s’y refuse – Je te connais, tu vois ? – les responsables de ma sauvagerie sont des dieux, ils ne se montrent jamais. Y a-t-il encore de la poésie ailleurs qu’au fond de soi ? Protégée, calfeutrée mais cloîtrée. La poésie devrait être partout et elle est en voie d’extinction. Les vers mangent les vers. Bien sûr ceci n’est qu’une retraite – demain, oui, demain tout simplement et ce, jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Je me colle à la peau – Troisième volet – comme un été, pour le meilleur et pour le pire – c’est pour cela que je ne bouge pas et que de tous mes pores, je te regarde.
De tous mes pores, je te regarde.
Je me colle à la peau pour échapper à la sueur du monde – celle qui ne part pas après la douche. Je me colle à la peau pour faire écran face aux pierres des autres peaux – les peaux mortes que l’on a momifiées dans ce spectacle qui à chaque centimètre, heurte notre humanité. Et c’est pour ce pire-là que je te regarde.
Et c’est pour ce pire-là que je te regarde.
Je me colle à la peau comme un vieux souvenir qui ne veut pas lâcher.
Je me colle à la peau peut-être pour mieux te regarder.
Je me colle à la peau comme des lunettes déformantes
Je me colle à la peau – pour le pire
Pour le meilleur
C’est pour cela que je ne bouge pas et que de tous mes pores Je te regarde  –

VIEUX MONDE SADIQUE

jemecollealapeau

Écriture automatique – 10 septembre 2018

‘Y a encore du boulot à ne pas déplacer des montagnes.
Du boulot pour les laisser où elles sont. Les regarder droit dans les yeux. Les aimer. Peut-être.
‘Y a encore du boulot à se dire qu’y a pas de boulot. A juste faire les choses comme elles viennent, à les aimer droit dans les yeux.
A monter sur la montagne juste pour y monter et peut-être jeter un coup d’œil sur le paysage, à bonne hauteur.
‘Y a encore du boulot à se dire qu’y a rien à combattre. Tout à aimer.
‘Y a encore du boulot à vivre comme si aujourd’hui était le dernier.
‘Y a encore à regarder le ciel, ‘y a encore à souffler la vague, ‘y a encore à surfer sur un nuage qui passe et le laisser s’éloigner parce que c’était pas celui-là.
‘Y a encore un sourire à oublier parce que les temps ne se conjuguent qu’une seule fois.
‘Y a encore à caresser dans le désert, les dunes éphémères.
‘Y a encore du boulot pour embrasser du bout des lèvres le moment qui se présente sans l’encadrer pour l’éternité et s’y enfermer.
‘Y a encore du boulot à aimer juste, à juste aimer, les poussières, les peaux, les pupilles.
‘Y a encore du boulot à mourir serein.
‘Y a encore du boulot à ne pas s’y mettre tous les matins comme un ouvrier exploité.
C’est pas toi qui vas chercher la vie.
C’est la vie qui t’envahit.
C’est son boulot.
C’est son job, ami, de t’harasser jusqu’à ce que mort douce s’ensuive. 41367574_2167606599977670_5498940126211866624_n

Écriture automatique – 25 août 2018

Tout conte rendu
Retour à la solitude
On dit fais-moi l’amour
Comme si c’était une recette de cuisine
C’est un chemin qui ne va nulle part
Si on veut y aller
On dit aime-moi
Oime-mai… mais…
C’est juste un miroir
Retour à la solitude
Un désert habité
La recette est simple
Si on décide de s’y abandonner
Même si, derrière, ça grouille
Derrière chaque paradis, un enfer
Retour aux choses simples
Du concret entre mes mains
Que je caresse avec tout le présent,
Cet imaginaire bienfaisant
Retour sans se retourner
Retour sans tour de magie
Bientôt la cloche va sonner
Marquer le jour de sa signature
C’est bête, se dit le prêtre
J’aurais dû garder un peu de vin
Pour guérir du silence
La femme passe
Traînant derrière elle
Une hostie mal digérée
C’est bête, se dit le prêtre
J’aurais dû garder un peu de caresses
Pour les lui donner
Le chien ne réclame rien
Il y a juste mes yeux
Et mes pensées
Retour aux choses simples de la solitude
Le silence comme un peu de vin
Une caresse comme une hostie
Et mes yeux qui ne te retiennent pas
Tout conte rendu.
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Ecriture automatique – 16 août 2018

Du sable mouvant
Dans mon corps
Mon visage
Ça chahute en moi
Et mes pieds s’y enfoncent
Ou est-ce mon torse
Mes mains
Ma gorge
Tout est enseveli
Une vie de sauvetage
Toute une vie
Pour se sauver
Du naufrage
De la naissance
D’être au monde
Toute une vie
Seule
Comme si la mort ne suffisait pas
Dans le sable mouvant
Il n’y a rien pour s’agripper
Et est-ce pour cela
Que rien ni personne
Ne s’attache en moi ?
C’est bien trop laid
Pour le mettre en mots
Il faut l’enfuir dans le sable mouvant
Le laisser descendre
Comme une dragée
Un enfant de cœur
Qui ne chante pas
Un soleil qui s’est retourné
Ça brûle vers l’intérieur
Mes mots se limitent
A trois choses
Courir – fuir – plonger
Bien trop sensible
Pour aller au-delà
Tu ne fais pas signe
Tu t’es tu
Car tu es toi
Simplement
Je ne peux pas vivre
Si on me regarde si on attend
Que je vive
Toi tu rentreras
Je m’allongerai sur ton lit haut
De princesse
Et je te raconterai – Que veut dire aimer ?
Assommant les mots qui me viennent comme une rengaine
Je ne manque pas. Le corps comme une phrase en suspens.
Oui tu rentreras, ami.
Je m’allongerai, te raconterai
Ce qui se déroule en moi
L’histoire en moi
Celle que personne ne connaît
Où l’oeil ne s’accroche pas
Et, à un moment, il faudra que je me taise – car tout aura été dit – dans ses limites – et que rien d’autre ne pourra être mieux dessiné, dans la limite de mes capacités, ce sera le plus dur.
Cet aveu de ne pas pouvoir tout déplier sera le plus dur – tenir malgré que si je ne suis pas tout, je ne suis rien.
On a tous le vieux rêve de s’oublier.