Ecriture automatique – 3 juillet 2018

Histoire d’eaux. De ta bouche à mon désir. De nos failles à nos rencontres. Histoire d’eaux. Chercher la source, s’y abreuver sans cesse quand on la trouve.
Devant nos yeux nul autre ciel.
Histoire d’eaux – mon corps en expansion dans la rue – Histoire d’eaux, toi pour qui le chemin vers elles est si simple. Histoire d’eaux – sans corps il n’y a rien à dire – Histoire d’eaux – Toujours au bord de la noyade – Toujours au bord de l’assèchement – Un pont passe au-dessus de ton flot – quand Michel Ange dessine le doigt de Dieu qui touche le doigt de l’homme. Quand Michel Ange dessine le doigt de Dieu qui touche le doigt de l’homme. QUAND MICHEL ANGE DESSINE LE DOIGT DE DIEU QUI TOUCHE LE DOIGT DE L’HOMME. QUAND MICHEL
ANGE
DESSINE
LE DOIGT
DE DIEU
QUI TOUCHE
LE DOIGT
DE L’HOMME
Qu’est-ce à dire ?
Quoi ?
Et tes doigts qui cherchent mes doigts sur le bord de la falaise
Et ton sexe qui essaie d’attraper le mien sur une pierre qui tremble
Et, peut-être, tes yeux qui se répandront dans les miens
Et, peut-être, tes lèvres qui n’auront plus d’autres fonctions que de répondre aux miennes.

N’est-ce rien ?
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Histoire d’eaux sur improvisation

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Ecriture automatique – 27 juin 2018

25791065_1754804324591235_3255843143333496550_oJ’ai l’habitude de pousser à bout. Aller voir jusqu’au bout. Je ne garde pas ma langue dans ma poche. Par exemple je pousse les gens à bout en les aimant. Rares sont ceux qui résistent, qui supportent que, dans ma poche, j’y mette plein d’eau, que je les abreuve. Ma langue, je la sors cash. Et ça, c’est dégoûtant pour beaucoup. Je pousse directement jusqu’au bout pour voir la résistance, comment ça tient. S’il craque, tout s’évanouit. C’est le début de l’été et c’est déjà la fin de l’été. L’été recommence tous les jours. Sans hésitation mais à chaque fois sur un autre continent. C’est le début de l’été et c’est déjà la fin de l’été. Une saison de l’être. Je pousse à bout pour pouvoir m’assoir tranquille et contempler. Bouger. Me balancer. Partir. Et l’autre aussi. Je pousse aussi à bout en m’échappant. Toute une technique de papillon. Quand l’eau coule, rien ne paraît impossible. Ni l’infini du ciel ni cette promenade avec cette autre promenade. Je pousse à bout comme on va voir derrière la porte. Derrière la mienne. Quand l’eau coule, tu as soif. Le début de l’été et sa finitude, comme on on étanche. ça. Va et vient. Pousser à bout et sentir qu’il est extrêmement souple, qu’il ne rompt pas, juste se transmet d’une personne à l’autre. Toucher la soif. Pousser l’eau. Toucher le bout. Être sereine. Être calme. Parce que le bout est une étendue.

Ecriture automatique – 26 juin 2018

La Belle aimait la Bête. C’est la Bête que la Belle aimait. Je n’arrive pas à ne pas me dire qu’elle n’a pas été déçue lors de la transformation. On a abusé d’elle. Et de son amour. La Bête meurt. Inexorablement. Et la Belle aurait été heureuse de recueillir un homme ? On ne lui laisse même pas une seule nuit. La Bête, par le baiser, se transforme en un petit garçon déguisé en adulte. C’est à ce moment-là que le sort est jeté ! Et la Belle n’a qu’à s’en contenter et s’en mordre les doigts – que le petit garçon adulte n’osera mettre dans sa bouche ou ailleurs et qu’il se contentera d’embrasser délicatement du bout des lèvres. Quel malheur pour la Belle ! C’est la Bête qu’elle aimait. Pourquoi le lui avoir enlevé ?36227164_2015300381874960_6278213353106046976_o

Ecriture automatique – 23 juin 2018

Des heures se présenteraient à nous. Comme à chaque fois. Les secondes seraient violentes et les minutes profondes. Nous fermerons les mains pour les retenir comme on presse le sexe désiré. Les minutes seraient légères et les secondes brûlantes. On les mangera, munis de nos yeux et de notre peau – Proches, tout sera aboli, l’instant seul trouvera grâce à nos yeux – et puis, tout s’envolera, il nous faudra à nouveau voir à distance, il faudra que la bouche cède la place, que nous retournions là où nous existons, cette petite mort qui sera comme le paradis, cette éternité enfin supportable, cet espace infini dans une chambre – nous n’en savons rien – on y laissera peut-être une main – au cas où – pour caresser la joie et nourrir ces secondes – la porte refermée, nous nous perdrons peut-être, heureux de s’être découverts.

Ecriture automatique – 17 juin 2018

Tu vas t’asseoir et écrire ta putain d’écriture automatique. L’habitude et l’ordre se ressemblent, sont complices, se confondent. Il va falloir aller le chercher ce mot qui se cache dans mes viscères. Mon désir est dans tous mes pores et non seulement dans mon sexe. Le remplir demande une patience d’ange. Coupure de courant entre ma pensée et ma main – elle court seule sur le papier les mots restent dans mes oreilles, c’est insupportable, assourdissant, tout à l’heure, je suis passée dans la madeleine de Proust ma madeleine de Proust à moi est un long couloir où règnent une odeur de gauffre et une résonance particulière, et je sentais mon visage se contracter au fur et à mesure des émotions qui y prenaient leurs vacances je n’y étais pas allée depuis tant d’années, dans ce couloir et ces émotions, plein de phrases me rendent visite en coup de vent, je n’ai pas le temps de leur offrir un verre ni même de leur expliquer mes réelles intentions, je m’endors avec des frissons de musique dans le cou, mes jambes sont hautes, ma tête est basse, la tristesse passe sa langue sur la joie, et la joie lui rend ses caresses, frissons, je ne suis pas femme à aimer un homme, ce serait tellement plus simple mais rien en moi ne supporte les choses simples, il faut toujours un noeud où ronger son os comme dans les intestins de la petite fille, demain je m’attache – au piano – ça calmera les baisers incessants des deux qui ne me lâchent pas – Hé toi ! Tu m’as bien lue – je suis nue comme tu n’imagines pas – c’est mon désir qui me déshabille – quoi qu’en pensent ceux pour qui je peux aller me rhabiller – mon énergie, c’est ma force et ma faiblesse, elle me dépasse d’une tête – au moins. Je me rattrape sur les fraises sucrées qui sont d’une obscénité sans non – je les aime et je les mange – on ne m’aime pas, je ne me laisse pas manger – c’est donnant donnant – done done down dawn, freedom – Que les choses soient compliquées ! Je sens bien que je m’échappe au lieu de rester là, plantée, tranquille, non, je m’échappe, j’ai peur de m’attraper, la pièce vide, en même temps il y a des moments où je me repose, COMME une princesse, c’est pas voulu, je n’en suis pas, je fais pas exprès, après, dès qu’une feuille morte ou pas passe, je peux pas m’empêcher de la suivre pour qu’elle me caresse.
Chaque nuit différente et qui ne déborde pas sur le jour – I WANT.pasmal2

Ecriture automatique – 9 juin 2018

Sais-tu que Lory n’est pas mon vrai nom ? C’est le nom de ma mère qui portait le nom de sa mère. Sa mère qui n’était pas mariée avec le père. Le père qui était marié avec une autre femme. Il n’a pas reconnu ma mère qui était donc ce qu’on appelait une bâtarde. Bonjour Violette. Son père et sa mère vivaient ensemble, la femme, légitime, elle avait été enfermée par le père. Parfois la légitimité ça fait mal. Et donc Lory est le nom de ma grand mère mais surtout celui que ma mère a porté contre vents et marées pendant toute son enfance – celui qui lui a donné la chance d’être toujours placée au fond de la classe – ou d’être déclassée dans les prix attribués. C’était le nom du tabou quand j’étais enfant. Pourtant elle et sa soeur n’avaient rien fait – mais c’est le père qui s’en sortait le mieux et ne devait rien subir de ce qu’elles connaissaient. Il est mort jeune d’un coup mais ne les aurait de toutes façons jamais reconnues – même saoul. Alors ce nom je l’ai pris et je l’ai aimé  – il est devenu plus vrai que nature – celui de cette lignée de femmes qui subissaient les actes masculins en essayant de garder leur âme intacte. Et puis l’autre, le vrai, il vient de mon père, évidemment – la vérité vient des hommes comme dit la publicité, mais aussi de mes grands parents paternels qui étaient comme des poissons froids – du coup le nom aussi me glaçait un peu, peut-être mon père en est-il mort ? Ma grand mère maternelle a passé son enfance à aller promener et garder les moutons – peut-être c’est pour cela aussi qu’elle ne s’est pas défendue face à mon grand-père – qui sait qui C. Aujourd’hui les bâtards ont droit de cité – jusqu’à un certain point – Peut-être ça me plairait de m’appeler la bâtarde. Comme un honneur. Celle qui ne veut jamais être là où on l’attend. Parce que, oui, le bâtard il vient à l’improviste mais déteste s’imposer. Aujourd’hui je ne réponds plus quand on m’appelle par mon nom officiel. C’est quelqu’un d’autre. Mon chemin a commencé quand je me suis baptisée de ce nom que j’entendais depuis l’enfance prononcer avec une certaine appréhension, même une honte, la honte de l’amour, même pas, ce serait se raconter des histoires, je pourrais vous en raconter une autre mais non c’était juste la honte pure et dure, celle qui est entrée dans vos os. Et moi j’ai pris ce nom et je l’ai tissé de ma peau.

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