Écriture automatique – 10 septembre 2018

‘Y a encore du boulot à ne pas déplacer des montagnes.
Du boulot pour les laisser où elles sont. Les regarder droit dans les yeux. Les aimer. Peut-être.
‘Y a encore du boulot à se dire qu’y a pas de boulot. A juste faire les choses comme elles viennent, à les aimer droit dans les yeux.
A monter sur la montagne juste pour y monter et peut-être jeter un coup d’œil sur le paysage, à bonne hauteur.
‘Y a encore du boulot à se dire qu’y a rien à combattre. Tout à aimer.
‘Y a encore du boulot à vivre comme si aujourd’hui était le dernier.
‘Y a encore à regarder le ciel, ‘y a encore à souffler la vague, ‘y a encore à surfer sur un nuage qui passe et le laisser s’éloigner parce que c’était pas celui-là.
‘Y a encore un sourire à oublier parce que les temps ne se conjuguent qu’une seule fois.
‘Y a encore à caresser dans le désert, les dunes éphémères.
‘Y a encore du boulot pour embrasser du bout des lèvres le moment qui se présente sans l’encadrer pour l’éternité et s’y enfermer.
‘Y a encore du boulot à aimer juste, à juste aimer, les poussières, les peaux, les pupilles.
‘Y a encore du boulot à mourir serein.
‘Y a encore du boulot à ne pas s’y mettre tous les matins comme un ouvrier exploité.
C’est pas toi qui vas chercher la vie.
C’est la vie qui t’envahit.
C’est son boulot.
C’est son job, ami, de t’harasser jusqu’à ce que mort douce s’ensuive. 41367574_2167606599977670_5498940126211866624_n

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Écriture automatique – 25 août 2018

Tout conte rendu
Retour à la solitude
On dit fais-moi l’amour
Comme si c’était une recette de cuisine
C’est un chemin qui ne va nulle part
Si on veut y aller
On dit aime-moi
Oime-mai… mais…
C’est juste un miroir
Retour à la solitude
Un désert habité
La recette est simple
Si on décide de s’y abandonner
Même si, derrière, ça grouille
Derrière chaque paradis, un enfer
Retour aux choses simples
Du concret entre mes mains
Que je caresse avec tout le présent,
Cet imaginaire bienfaisant
Retour sans se retourner
Retour sans tour de magie
Bientôt la cloche va sonner
Marquer le jour de sa signature
C’est bête, se dit le prêtre
J’aurais dû garder un peu de vin
Pour guérir du silence
La femme passe
Traînant derrière elle
Une hostie mal digérée
C’est bête, se dit le prêtre
J’aurais dû garder un peu de caresses
Pour les lui donner
Le chien ne réclame rien
Il y a juste mes yeux
Et mes pensées
Retour aux choses simples de la solitude
Le silence comme un peu de vin
Une caresse comme une hostie
Et mes yeux qui ne te retiennent pas
Tout conte rendu.
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Ecriture automatique – 16 août 2018

Du sable mouvant
Dans mon corps
Mon visage
Ça chahute en moi
Et mes pieds s’y enfoncent
Ou est-ce mon torse
Mes mains
Ma gorge
Tout est enseveli
Une vie de sauvetage
Toute une vie
Pour se sauver
Du naufrage
De la naissance
D’être au monde
Toute une vie
Seule
Comme si la mort ne suffisait pas
Dans le sable mouvant
Il n’y a rien pour s’agripper
Et est-ce pour cela
Que rien ni personne
Ne s’attache en moi ?
C’est bien trop laid
Pour le mettre en mots
Il faut l’enfuir dans le sable mouvant
Le laisser descendre
Comme une dragée
Un enfant de cœur
Qui ne chante pas
Un soleil qui s’est retourné
Ça brûle vers l’intérieur
Mes mots se limitent
A trois choses
Courir – fuir – plonger
Bien trop sensible
Pour aller au-delà
Tu ne fais pas signe
Tu t’es tu
Car tu es toi
Simplement
Je ne peux pas vivre
Si on me regarde si on attend
Que je vive
Toi tu rentreras
Je m’allongerai sur ton lit haut
De princesse
Et je te raconterai – Que veut dire aimer ?
Assommant les mots qui me viennent comme une rengaine
Je ne manque pas. Le corps comme une phrase en suspens.
Oui tu rentreras, ami.
Je m’allongerai, te raconterai
Ce qui se déroule en moi
L’histoire en moi
Celle que personne ne connaît
Où l’oeil ne s’accroche pas
Et, à un moment, il faudra que je me taise – car tout aura été dit – dans ses limites – et que rien d’autre ne pourra être mieux dessiné, dans la limite de mes capacités, ce sera le plus dur.
Cet aveu de ne pas pouvoir tout déplier sera le plus dur – tenir malgré que si je ne suis pas tout, je ne suis rien.
On a tous le vieux rêve de s’oublier.

Alors je me suis Tu – 11 août 2018

Ton corps était contre le mien
Alors je me suis Tu
Bien haute tenir la réalité
Pour qu’elle tienne tête aux rêves.
Tu m’envahissais
Il n’y avait plus d’espace à dire
Alors je me suis Tu
Dans tes yeux je ne me voyais plus
Et dans les miens s’étaient enfermées des choses indicibles
Alors je me suis Tu
Tu naissais en moi
Comme sans doute tu le faisais à chaque fois
Alors je me suis Tu
Et malgré tout la réalité volait bien au-dessus du monde
Alors je me suis Tu
Dans le labyrinthe de notre rencontre
le désir restait intact
A deux nous le regardions  – du bout des doigts –
Sans nous voir
Alors je me suis Tu
Demain doit encore éclore
Et donner à boire à notre jouissance
Ma soif inextinguible contre ta faim soudaine,
Ton pied sur le mien
me fait aimer l’instant
Alors je me suis Tu
Ma gorge asséchée laissa la place à mes mains tendres
Toujours craintive que ses mots ne te noient
Elle écouta les histoires en les imprimant dans chacune de ses cordes
Il me fallait réclamer plus de violence et plus de tendresse,
mon corps au centre d’une contradiction dont ta main accepta le défi
Alors je me suis Tu
Le désir nous regarde comme ses parents
Qu’on aille le coucher
Alors je me suis Tu
Je me suis allongée à nouveau contre toi
Et je me suis Tu.

Ecriture automatique – 20 juillet 2018

Si je te disais qu’à certains moments

Il y a tout qui fuit

Que l’eau se transforme en lave

qui brûle mes yeux

Que devant moi c’est un paysage désenchanté – sans oiseau , où il n’y a que des cages

Que mon corps lui-même se transforme en une chose informe – tout me dérange, et les creux et les vallées

Que ma voix est celle d’une corneille, une chose en trop

Si je te disais alors que pour remonter à la surface mes mains s’agrippent dans le vide.

Et que je me sauve sans le savoir en fermant les yeux

Que je ne laisse vivre que mes mains alors

Que je ne laisse vivre alors que mes doigts et que d’eux seuls alors je supporte la langue-plainte.

 

Ecriture automatique – xx juillet 2018

écho2Tu avais 16 ans.
Et tu as soulevé le voile du désir.
Jamais plus par la suite tu ne touchas les choses comme auparavant.
Il avait pris toute la lumière
Et tout à ses côtés parut fade.
Même le plus précieux.
Comme un peintre tu pris ton pinceau
Et depuis lors tu étales la puissance de cette découverte comme une couleur
Pour qu’elle se répande dans l’entièreté de ta vie – pour qu’elle ne t’enferme pas dans le carré de ton désir,
Comme un papillon dans une fleur,
Que le désir puisse déployer ses ailes,
Dans tout le territoire de ton corps
et de ta vie, qu’il ne te coupe plus
Le souffle dès que tu ne le regardes pas,
La lumière avait dépassé la lumière,
Il te fallait ouvrir toutes les portes pour qu’elle ne t’aveugle pas.
Depuis tu marches vers elle sans cesse, sans relâche, avec une pugnacité qui te sidère parce qu’en toi vit quelque chose qui te survit.
Quand il n’y a plus rien à dire, il faut dire encore.

Ecriture automatique – 26 juillet 2018

De loin j’aurais cru à un enfer par là c’est sans issue on ne sait pas tes mains sur ma peau moite, sans doute jamais, on ne joue pas avec le feu on joue avec l’enfer, sortir de son corps un instant juste pour savoir ce que c’est d’être soi, tes mains qui continuent le chemin vers la source, ça se creuse, l’enfer se disputera avec le paradis à qui aura la couronne, je sera-t-il encore, mes pensées sortiront et iront s’accrocher aux murs, le présent s’applique et se mesure à l‘infini, tes mains sont arrivées là où rien ne sort sans liberté, le présent est pendu comme un lustre à la vulgarité, je peux tout vivre si c’est hors du monde, le temps des autres est insupportable, tes mains appellent à la rescousse, elles n’en peuvent plus, les cellules de mon monologue s’entrechoquent, crissements et bang ! , Faut-il connaître plus que la peau ? N’est ce pas le concentré de l’être, le microcosme du désir ? Tes mains se sont libérées toutes seules de la caverne, peut-être une autre part de ta peau peut-elle s’y risquer ? Il y a tellement d’autres choses dans l’univers, mes cellules doivent se disperser, je renaîtrai dans les feuilles d’un arbre, tes mains la cherchent en caressant l’écorce, tu l’arroseras et boiras à sa sève, ton corps est venu à l’appel, il arrête mes pensées, coince mes cellules de son poids, je deviens fontaine et le présent s’y noie. Mes pensées se sont arrêtées devant les portes de l’enfer, tes mains les écartent doucement, à l’intérieur la maison d’une déesse – un paradis. De part et d’autre partant il y a une substance qui ne s’arrête pas, surtout je dois garder là , peut-être que non, plus de gauche plus de droite, juste un centre, sans sens, le tissu vole, bang ! bang ! Ça continue, et plus haut si vous saviez, bientôt je vais arrêter, waa, ce sera ni mieux ni moins bien ce sera différent lorsque mes pensées reprendront leur liberté, je la leur rends, je la leur donne tant que je reste dans cette caverne où tu as pénétré.