A l’amie qui ne doit pas mourir

A l’amie qui ne doit pas mourir

Tu te réveilles d’un long chemin

Personne ne sauve personne

Ni toi le Prince ni lui la Reine

Tu voudrais brûler d’avoir eu les yeux crevés

Tu voudrais haïr ce chemin que tu as inventé

Tu te sens vieille de tes histoires ratées, la trilogie amour-passion-maternité, 

A toi qui ne dois pas mourir

Tes yeux voient l’horreur de nos humanités

Tu te souviens de toutes ces vérités

Sur lesquelles tu comptais – un reste de naïveté

Tu ne dois pas mourir

Il y a encore trop de trottoirs qui ne t’ont pas embrassée

Et que ta tronche n’a pas foulé

Même si c’est pour descendre en enfer

T’as encore des choses à faire sur terre

Que ce soit un salaud ou pas,

Le dernier qui t’a laissée tomber

T’en as rien à foutre,

Laisse l’histoire partir, s’évaporer,

Je sais qu’une femme vieillit plus qu’un homme, encore une histoire incompréhensible d’inégalité

Une femme qui vieillit c’est encore la honte dans cette société, elle doit déguster et se taire,

Alors que les hommes bonifient, c’est bien connu, zont que ça à faire

A l’amie qui ne doit pas mourir

Qui se sent seule à crever, à vomir ses tripes et ses ovaires, parce qu’encore une fois, l’incompatibilité a mis l’amour par terre, 

Tu peux descendre en enfer, le temps d’y déposer ta colère, ta haine d’une société où notre corps passe encore d’objet à déchet,

Comme si rien ne l’habitait 

Parce qu’a-bité

Tu peux descendre en enfer

Mais reste sur terre

Car tu es mère

Et ça, c’est encore un truc, même si on nous le met aussi sur le rab’

A l’amie qui doit rester en vie

Reste aussi sur terre, tant qu’à faire

On fera un spectacle en duo

Qui parlera de nous, plutôt que des salauds

On formera un duo

Qui parlera de nous

Plutôt que des salauds…. 

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Ecriture automatique – 11 mars 2018

« Ca va mon amour » ou était-ce dans l’autre sens « mon amour ça va » ? Je dois – mille choses dans ma tête – vouloir un écrin de temps qui ne s’écoule plus – prendre le temps de le mettre dans ma bouche – le goûter. Sans se presser mais non – Je veux être tellement de manière cumulative que mes bras n’atteignent plus le sac qui m’a été donné – Je marche, plutôt je cours à présent « Ca va mon amour » Quelque chose qui a glissé près de mon oreille alors que mes pieds touchaient le sol et pas moyen de décoller mon amour ça va ? dit comme la chose la plus spontanée qui soit alors que rien ne me semble plus étranger Je cours toujours et des bribes de phrases passent encor’ leur chemin, sur ce chemin, rien ne me sera jamais adressé – actrices de mes pas – pas de possibilités qu’une adresse se fasse alors que je suis une feuille en coup de vent – ça va mon amour, mon amour ça va, mes paroles font la course dans ma tête, je les regarde, et pourtant en mouvement terrible de ces moi qui s’entrechoquent, se superposent et dont la face hideuse m’apparaît me projetant dans une course interne où j’ouvre toutes les portes qui me claquent à la figure; cette figure qui jamais ne s’arrête qui m’échappe toujours mettant en doute mes yeux mes propres yeux est-ce acceptable, ce je-là ? , toujours sur la crête sans que l’on ne sache ni de quoi ni ce qui l’entoure, à part, à part, ça va mon amour, mon amour, ça va, ça va mon amour, dans cette nausée là au bord des lèvres de soi, mon amour ça va, si un jour cette question m’était posée, si dans cet espace sur-investi, bondé, prêt à éclater, à la démographie galopante, cette question formulée de la sorte, arrivait à se glisser, à s’infiltrer dans mes veines surchargées de destinations, d’envies, de désirs, de contradictions, d’amour-haine, de joies explosées en tristesse, je penserais à ce poète, et mes lèvres me permettront de répondre: anywhere – ouf of myself.

CROWDFUNDING, C’est maintenant !

Ecriture automatique – 28 février 2018

Quand nous séparons-nous ? Quand ton corps m’est-il redevenu étranger ? Ta salive n’a-t-elle plus été mon eau ? Quand ton sexe est-il devenu un corps étranger, – même une anomalie ? Je vois très bien ce moment où ton corps sort de mon corps et où mes doigts ne glissent plus sur ta peau. Le moment où ton territoire m’était tellement connu qu’il en devenait étranger et non plus étrange. Pourquoi ma salive t’appelle-t-elle et puis ne t’appelle plus ? Le geste d’hier devenu lassant. Même ton corps juste contre le mien est un acte de trop. Ce soir j’aurais besoin de dix hommes qui me clôturent, nus, contre moi, qu’aucune partie de mon corps ne soit encore visible de l’extérieur, j’aurais besoin de la salive de dix hommes qui, demain, me sera devenue impropre. Qui parle ? Tu es déjà là. Qu’importe qui. Déjà tes caresses m’apprivoisent et m’agacent. Ce poids tant recherché, tu vas l’écraser sur moi, l’abattre, comme une hache dans une bûche, ce bonheur de l’anéantissement que, demain, on se reprochera. Tu es déjà là, cela ne sert à rien que tu viennes. Tu es déjà là. Déjà écrasant. Déjà anéanti. Déjà sorti de moi et rejeté. Mais ce qui nous sauve, c’est que tu n’es pas venu.

La Coupeuse de Tête

L’hystérique comme marche-pied masculin
De cet historique, mon corps est plein.
Je devais sortir, grosse fatigue,
Se terrer contre le patriarches digues
Envie de péter en pleine foule
Comme si j’étais seule au monde
J’ai sur tout le corps ouh….
des yeux qui font la ronde
Je suis la coupeuse de tête
Je ne danse pas devant Hérode
Les têtes je les coupe sans aide
Voici mon ode…

Coupeuse de Tête c’est ma vocation
Je coupe les têtes des pères, des maîtres, des abjections
Je voudrais rendre mon tablier tâché de sang mais
Devant le sablier ma tâche est sens et sans fin
Je divague sur vos masculinistes parades
De l’hystéro à l’histoire,
j’entre dans la légende notoire

Je suis la coupeuse de tête
Le miroir est vétuste et tenace
Si je réplique, c’est entendu, la menace
Je porte mon corps en cadeau empoisonné
De l’amour et de la haine fusionnés
Le miroir est vétuste mais tenace
Si je réplique, l’horreur repasse

Je suis la coupeuse de tête
Celle qui se sait condamnée
Et pour qui chaque matin est gagné
Les baisers étaient viandesques avant d’être carnivores
Hors de moi ce grotesque et que le vide comble mon corps
Je suis la coupeuse de tête
Le miroir est vétuste et tenace
La danse continue, j’entends la menace

Je suis la coupeuse de tête
Devais-je jean-baptister
pour ne pas me faire fist-fucker ?
Je danse le ventre creux et la bouche pleine
Tous les mots ont des yeux et obstruent l’arène
Les nuits sont-elles aristotéli-siennes ?
Le miroir vétuste est tenace
et, bien entendu, menace

Je suis la coupeuse de tête
Deux jambes pour avancer
Deux bras pour me hisser
Un tronc dur comme de l’acier
Je n’ai plus de visage et dans le paysage, une faux l’a remplacé
Elle entre dans mon corps et coupe les gorges
Excepté Norge

Je suis la coupeuse de tête
Le miroir vétuste est tenace
mais Vénus fracasse et menace
de créer Spartacas

A partir d’une écriture automatique
Mis en musique par Céline Lory
In EN CORPS Y-BRIDE and Les Bi(t)ches
Non à la censure et oui au Droit à la réplique