Je Suis Un Homme – Improvisation Texte/piano

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Ecriture automatique – 29 septembre 2017

L’eau, ça crée l’espace. Ca gonfle les corps qui ne seraient que poussières. L’eau ça pénètre entre tes côtes et mes mains la suivent j’écarte tes côtes et me baigne dans l’océan de ton corps – un je ne sais quoi de différent du mien – je n’y suis pas chez moi et pourtant j’y reste. Mes mains continuent leur voyage interne en suivant l’eau qui gonfle ton corps à présent, elles traversent le désert de ta peau et t’assoiffent – je deviens poisson, je glisse entre tes jambes, l’eau me rappelle que je ne suis que poussière, dans un mois, dans un an, j’en dépose quelques extraits, sur toi, en me couchant, sur toi, mes mains toujours dans la traversée de l’océan, le mur de la réalité, une dimension qui nous apparaît parfois, par éclair, je continue l’exploration de tes côtes inhabitées, avec le délice de la soif inassouvie pendant qu’une main étrangère entre dans les miennes en amont d’un amour toujours perdu, et, écartelés, dans l’impossibilité d’appartenir, nous jouissons de notre histoire.

Écriture automatique – 25 Septembre 2017

La folie, je la sens. Ne me demande pas pourquoi. Je la sens arriver comme l’orage et le printemps. Je la sens comme on respire une fleur. Son parfum flotte dans l’atmosphère il est inquiétant car il ne se pose pas là où tout le monde est. Il part ailleurs. La folie, je la vois, je la regardais tous les jours auparavant yeux dans les yeux du miroir et je ne sais pas pourquoi elle m’a quittée, la folie je la respire à pleins poumons comme un bol d’oxygène dans le monde de la gêne la folie je l’habille je la porte, tous les jours dans mes mains, je me calfeutre avec elle car elle tient chaud, la folie ce n’est pas la bêtise ni la méchanceté, s’il y a bien une chose que je ne suis pas c’est folle, pourquoi la folie m’a-t-elle laissée tomber dans le ruisseau de la clairvoyance qui fait si mal aux yeux la folie reprends-moi reprends mon corps comme habitat, je te sentirai, te cajolerai, mais à ma porte, on frappe, la bêtise du monde s’invite à ma table et dehors, la folie claque des dents. Si, au moins, elle m’avait écoutée.

Écriture automatique – 19 septembre 2017

Elle est restée gentille jusqu’au bout. Elle est restée avec le sourire jusqu’au bout d’elle-même, polie comme un galet empêché par l’eau, gentille et souriante jusqu’au bout, là où on ne voit plus rien, le bout, là où il fait définitivement noir. Elle est restée là le sourire aux lèvres figé comme surpris par le froid. Jusqu’au bout de son sourire, elle est restée gentille, elle est restée là au bout de rien, le sourire aux lèvres, oh comme elle n’aimait pas ça, elle n’aimait pas cet être qui s’imposait à elle, le sourire à ses lèvres, figé comme la négation, oh elle n’aimait pas que les autres voient en elle ce sourire resté là depuis longtemps alors qu’elle était pourtant partie, et tout le monde se contentait de regarder ce galet poli, poli, lisse, oh elle n’aimait pas ça. Elle sentait que tout craquait et à l’intérieur elle attendait que ça casse net. Pourtant elle est restée  gentille jusqu’au bout, là devant le tunnel souriant à elle si poliment restée gentille, de loin cela était SI charmant, SI touchant, SI oh malgré qu’elle n’aimait pas ça. Elle n’aimait pas qu’on lui force la main et pourtant elle est restée là souriante, le non comme un couteau dans la gorge qui lui lançait des pointes brûlantes, elle avait mangé des cailloux et restée là jusqu’au bout souriante, la nausée comme une parole qui ne venait pas, elle, elle, elle, elle est restée souriante, jusqu’au bout gentil, jusqu’au bout gentil dont elle ne voulait pas, sourd, elle est restée là, polie après qu’on lui soit passé dessus, elle, gentille, là, debout, elle devenue un bout. Un bout. Un bout.