Ecriture automatique – 6 avril 2018 –

Le train déraille dans mes veines. La nuit a été sur le fil de la violence. Elle me prenait par les bras et me faisait tourner, les bras entrecroisés avec les siens, je pense au jeu de la marelle, en me criant « Sale Pute », de l’eau sort de sa bouche, j’essaie de répliquer mais je n’arrive qu’à cracher lamentablement sans l’atteindre. Depuis le temps que les hommes meurent, la terre a une indigestion. Il faut arrêter là et arrêter de donner à la terre cette nourriture infâme qui la remplit de pourriture. On a tourné ainsi jusqu’à ce que je me dise qu’à tout instant elle pouvait me lâcher , j’ai alors ouvert les yeux. Peut-être que je jouais tous les rôles. Je me suis dit : « et maintenant tu ouvres les yeux et tu te réveilles ». Et j’ai obéi à ce conseil avant que ses bras ne lâchent les miens et que je me sente partir fracturée sur les murs de cette petite relation d’une nuit. Ce constat qu’il ne pouvait en être autrement que la terre soit au bout du rouleau et qu’elle ne pouvait plus réellement donner naissance qu’exceptionnellement – que la plupart du temps, c’était déjection. Qu’elle avait fait de son mieux. Son possible. Et que là n’y avait plus que l’impossible. Je ne sais pas très bien comment les animaux s’en étaient sortis, comment ils avaient fait pour ne pas être pervertis par la terre infestée d’hommes, comment ils continuaient à faire leur nid. Envers et contre tout. Il y a une chose dont je ne me souviens pas c’est le timbre de sa voix quand elle disait « Sale Pute » – je ne sais pas si elle était caverneuse ou suraigüe, c’était un « Sale Pute » sans voix, juste une image, quelque chose qui tourbillonnait autour de moi, une femme sans son. Le train déraille dans mes veines et je l’arrête en ouvrant les yeux.

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La femme-artbre (2)

La femme-artbre (1)

La nature reprend toujours ses droits. Droit vers la nature tordue pour accueillir nos creux – Aristote a-t-il raison dans sa théorie des fluides ? La sève n’est-elle pas plutôt le lait maternel que le fruit du désir – on dit qu’il faut sept mille calories pour survivre à moins deux degrés – combien en faut-il pour survivre dans le fluide glacé des échanges humains ? C’est la femme qui cache l’être humain, la femme toujours en trop, toujours trop, pleine, que ma forêt ne peut cacher, elle est là, et je conçois qu’elle soit écoeurante, étouffante, comme la mère trop aimante,haïe-me-hante, l’artbre est toujours là debout dans le paysage, est-ce pour cela que les hommes s’escriment à les abattre, sans relâche, ils abattent les artbres comme s’ils castraient la vie, et les femmes en transparence. La femme apparaît toujours pourtant, crèvera-t-elle un jour ! , peut-être renaîtra-t-elle en eux un jour, elle grandira à travers leur corps, une racine qui les transpercera, et peut-être aussi les figera-t-elle, cette grande peur qui font des hommes des guerriers depuis si longtemps, ils combattent la femme qui pousse en eux, comme un pénis mal placé, et ils se tuent et tuent les femmes et enfants, et les artbres, qu’ils abattent, peut-être un jour, un guerrier viendra se mettre à la place de cet artbre arraché, dans le cratère qu’aura laissé l’oeuvre des autres, il se plantera, à la place des bites à perte de vue, peut-être un seul se plantera et se laissera traverser, caresser, par une artbre qui poussera, le transperçant, sang, peut-être est-ce cela la religion du christ, mais qu’en avons-nous fait, de cette homme-femme, peut-être un deuxième viendra et se plantera, là où tous les autres auront déraciné, il se plantera pour retirer la race des genres et la mélangera, peut-être que cet homme-femme arrivera, alors peut-être ne craindrons-nous plus le soleil.

A l’amie qui ne doit pas mourir

A l’amie qui ne doit pas mourir

Tu te réveilles d’un long chemin

Personne ne sauve personne

Ni toi le Prince ni lui la Reine

Tu voudrais brûler d’avoir eu les yeux crevés

Tu voudrais haïr ce chemin que tu as inventé

Tu te sens vieille de tes histoires ratées, la trilogie amour-passion-maternité, 

A toi qui ne dois pas mourir

Tes yeux voient l’horreur de nos humanités

Tu te souviens de toutes ces vérités

Sur lesquelles tu comptais – un reste de naïveté

Tu ne dois pas mourir

Il y a encore trop de trottoirs qui ne t’ont pas embrassée

Et que ta tronche n’a pas foulé

Même si c’est pour descendre en enfer

T’as encore des choses à faire sur terre

Que ce soit un salaud ou pas,

Le dernier qui t’a laissée tomber

T’en as rien à foutre,

Laisse l’histoire partir, s’évaporer,

Je sais qu’une femme vieillit plus qu’un homme, encore une histoire incompréhensible d’inégalité

Une femme qui vieillit c’est encore la honte dans cette société, elle doit déguster et se taire,

Alors que les hommes bonifient, c’est bien connu, zont que ça à faire

A l’amie qui ne doit pas mourir

Qui se sent seule à crever, à vomir ses tripes et ses ovaires, parce qu’encore une fois, l’incompatibilité a mis l’amour par terre, 

Tu peux descendre en enfer, le temps d’y déposer ta colère, ta haine d’une société où notre corps passe encore d’objet à déchet,

Comme si rien ne l’habitait 

Parce qu’a-bité

Tu peux descendre en enfer

Mais reste sur terre

Car tu es mère

Et ça, c’est encore un truc, même si on nous le met aussi sur le rab’

A l’amie qui doit rester en vie

Reste aussi sur terre, tant qu’à faire

On fera un spectacle en duo

Qui parlera de nous, plutôt que des salauds

On formera un duo

Qui parlera de nous

Plutôt que des salauds…. 

Ecriture automatique – 11 mars 2018

« Ca va mon amour » ou était-ce dans l’autre sens « mon amour ça va » ? Je dois – mille choses dans ma tête – vouloir un écrin de temps qui ne s’écoule plus – prendre le temps de le mettre dans ma bouche – le goûter. Sans se presser mais non – Je veux être tellement de manière cumulative que mes bras n’atteignent plus le sac qui m’a été donné – Je marche, plutôt je cours à présent « Ca va mon amour » Quelque chose qui a glissé près de mon oreille alors que mes pieds touchaient le sol et pas moyen de décoller mon amour ça va ? dit comme la chose la plus spontanée qui soit alors que rien ne me semble plus étranger Je cours toujours et des bribes de phrases passent encor’ leur chemin, sur ce chemin, rien ne me sera jamais adressé – actrices de mes pas – pas de possibilités qu’une adresse se fasse alors que je suis une feuille en coup de vent – ça va mon amour, mon amour ça va, mes paroles font la course dans ma tête, je les regarde, et pourtant en mouvement terrible de ces moi qui s’entrechoquent, se superposent et dont la face hideuse m’apparaît me projetant dans une course interne où j’ouvre toutes les portes qui me claquent à la figure; cette figure qui jamais ne s’arrête qui m’échappe toujours mettant en doute mes yeux mes propres yeux est-ce acceptable, ce je-là ? , toujours sur la crête sans que l’on ne sache ni de quoi ni ce qui l’entoure, à part, à part, ça va mon amour, mon amour, ça va, ça va mon amour, dans cette nausée là au bord des lèvres de soi, mon amour ça va, si un jour cette question m’était posée, si dans cet espace sur-investi, bondé, prêt à éclater, à la démographie galopante, cette question formulée de la sorte, arrivait à se glisser, à s’infiltrer dans mes veines surchargées de destinations, d’envies, de désirs, de contradictions, d’amour-haine, de joies explosées en tristesse, je penserais à ce poète, et mes lèvres me permettront de répondre: anywhere – ouf of myself.

CROWDFUNDING, C’est maintenant !

Ecriture automatique – 28 février 2018

Quand nous séparons-nous ? Quand ton corps m’est-il redevenu étranger ? Ta salive n’a-t-elle plus été mon eau ? Quand ton sexe est-il devenu un corps étranger, – même une anomalie ? Je vois très bien ce moment où ton corps sort de mon corps et où mes doigts ne glissent plus sur ta peau. Le moment où ton territoire m’était tellement connu qu’il en devenait étranger et non plus étrange. Pourquoi ma salive t’appelle-t-elle et puis ne t’appelle plus ? Le geste d’hier devenu lassant. Même ton corps juste contre le mien est un acte de trop. Ce soir j’aurais besoin de dix hommes qui me clôturent, nus, contre moi, qu’aucune partie de mon corps ne soit encore visible de l’extérieur, j’aurais besoin de la salive de dix hommes qui, demain, me sera devenue impropre. Qui parle ? Tu es déjà là. Qu’importe qui. Déjà tes caresses m’apprivoisent et m’agacent. Ce poids tant recherché, tu vas l’écraser sur moi, l’abattre, comme une hache dans une bûche, ce bonheur de l’anéantissement que, demain, on se reprochera. Tu es déjà là, cela ne sert à rien que tu viennes. Tu es déjà là. Déjà écrasant. Déjà anéanti. Déjà sorti de moi et rejeté. Mais ce qui nous sauve, c’est que tu n’es pas venu.