Tu étais là – debout en face de moi

Tu étais là – debout en face de moi.
Nos iris aimantés.
Ton image entrait en moi.
Tu étais là – debout en face de moi.
On ne se touchait pas.
Nos corps expérimentaient l’arrêt du temps.
Tu étais là – debout en face de moi.
Les peurs étaient abolies.
Le désir inestimable.
Tu étais là – debout en face de moi.

Sur les astres, on ne peut pas vivre.
Il nous fallait redescendre, respirer.
Sur les astres, on se trouve mais on ne se garde pas.
Il nous fallait redescendre pour se regarder et avoir envie de remonter.
Je t’embrasse au fond de la bouche, on redescend, on retournera sur les astres.

Ecriture automatique (extraits) – 4 juillet 2016

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Ecriture automatique, 3 juillet 2016

Le désir était un métal
Lourd dans nos coeurs solitaires
Léger dans nos corps brûlants – ou le contraire
Tellement présent que les murs respiraient
Je ne me tairai pas – dit-elle
Les mots me sauveront de ce paradis
Après avoir tant marché, elle revenait à la forme réelle d’un échange d’elle à un autre et y découvrait l’immensité

Ecriture automatique, 3 juillet 2016

Ce n’était pas prévu au programme

Ce n’était pas prévu au programme. Nous étions là tous les deux. Mais ce n’était pas prévu au programme. En fait, il n’y a pas de programme. C’est le programme aléatoire qui prime. Mais ce n’était malgré tout pas prévu. Là on prend un café ensemble. On se retrouve autour d’un café après s’être trouvés. On ne savait pas, on plaide l’ignorance – nul n’est censé ignorer les chemins du désir ? – on creuse cette trouvaille, heureux d’avoir perçu un trésor mais doit-on le déterrer, entrer dans la terre ? Ne vaut-il pas mieux rester en surface et regarder le ciel – ensemble (peut-être) ? Laisser le trésor à l’intérieur de la terre, savoir qu’il est là, sans devoir le mettre à nu, le dépouiller comme des charognards avides ? Non. Je sais qu’en face l’un de l’autre, sans cafés pour nous séparer, on se jettera dessus, rapaces perdus, incapables d’autre chose que de manger la chair de l’autre, on se bouffera sans boire, sans intermède. On se dégustera aussi, rapace reste oiseau, et on partira, aussi, oiseau toujours, chacun vers son pays de migration, pour revenir se dévorer, dévorer la vie à travers nos corps, se boire et abreuver notre soif sans fin de l’autre et de la promesse de son regard. Ainsi soit-il.

Ecriture automatique – 30 juin 2016

Je…

Faut-il toujours commencer par le je ? On pourrait commencer par autre chose que le jeu. On pourrait commencer par la guerre. Juste pour voir ce que ça fait. On prendrait la guerre comme un jeu avec des je qui s’entretueraient. Car c’est ça la guerre, la destruction de tous les je. Et ça finit toujours par tourner mal, sauf pour ceux dont le je est placé au-dessus, là où il y a des protections, où il ne se mouille pas, où « je » ne prend pas l’eau.

La mise en jeu du je, c’est l’histoire d’une vie.

Ecriture automatique – 23 juin 2016

Elle était là…

Elle était là à attendre mais ça sortait tout seul. Elle était là. Rien. Elle se remplissait comme une terre assoiffée mais fertile. Il faut que tout sorte se dit-elle. C’était toujours le mauvais qui sortait en premier de sorte qu’elle était obligée de l’accueillir pour pouvoir expérimenter le bon qui lui semblait meilleur. Les gens semblaient suer toutes leurs déceptions. Ils étaient laids et inintéressants, mais curieux. Elle les regardait et imaginait chacun d’eux dans une bulle. Leur bulle. Bien à eux. Que personne ne pouvait connaître. Et elle aussi. Quand deux bulles se rencontraient parfois elles explosaient, parfois elles faisaient une grosse bulle mais qui exploserait plus tard. Parfois les deux bulles se touchaient sans exploser ni s’unir. C’était ses préférées.

Ecriture automatique 22 juin 2016

Soyons dégueulasses

Soyons dégueulasses. Ce sera déjà ça de pris. Soyons dégueulasses, puons l’amour jusqu’aux orteils, jusqu’à nos ongles. Soyons dégueulasses jusqu’à nos regards. Soyons dégueulasses. Et puis après, que se passe-t-il ? Quand on est tout sale d’amour. Doit-on se laver ? Se rhabiller ? Soyons dégueulasses jusqu’au bout – ne nous lavons pas. Promenons-nous comme ça, dans notre puanteur d’amour et allons emmerder les autres qui lâchement nous éviteront mais sentiront, sentiront notre puanteur d’amour car l’amour ça pue toujours pour ceux qui n’en mangent pas – c’est comme le fromage – on puera d’amour jusqu’à la nuit où on s’écroulera de fatigue sur le trottoir des lendemains.

Ecriture automatique 21 juin 2016 – 21h.