Caca

Toute une vie pour aimer son caca. Il faut. ? . Qu’il est beau le chant des possibles. Tu m’as dit un jour qu’il était bon que les rêves restent ce qu’ils étaient. A leur place. Moi je ne le pense pas. Toute ma vie, je veux mettre les rêves dans la merde, devant moi. Entrer dans le champs des chants des possibles et patauger dans ma merde. Ensuite on verra ce qu’on pourra en faire. Je veux dire : au moment où il n’y aura plus de futur, juste un présent qui part, on verra, mais jusque là, oui, jusque là, passer sa vie à la recherche de sa merde, à soi, ça me dit bien ça, entrer dans le champs, pieds nus, et puis aussi prendre par la main certains qui le veulent bien, et danser ensemble dans le champs de la merde avec le chant des possibles autour de nous. La nature est intelligente, remplissons-nous d’elle, de son caca, je prends la terre entre mes mains, je t’en mets plein partout, je te la fais bouffer et à mon tour, je la porte à ma bouche, grande ouverte et ébahie de volupté. Qu’il est beau le chant des possibles.

J’ai commencé par la fin – je ne sais pourquoi je pense cela – j’ai commencé par la fin et là, je me dirige vers le début.

Ecriture automatique – 12 juillet 2016

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La distance

Parfois le soir je délire sur des sensations debout parfois je sens que j’aime et j’en suis étonnée, parfois quand le sol est noir charbon il faut se détacher, regarder l’autre à distance, ne pas trop s’approcher pour aimer car si on ne peut plus regarder, on ne peut aimer, la distance est la condition de l’amour, celle-ci est variable selon les tempéraments et les saisons mais le respect des distances est une des seules règles qui faillent retenir dans la vie, si on évite déjà les carambolages, c’est déjà ça, si on évite de se perdre dans l’autre parce qu’on s’est trop approché, c’est déjà ça, car si on s’approche tout près, c’est le vide et le vertige assurés, l’autre nous gobe comme un œuf et il ne nous reste que la coquille, non il faut garder la distance pour caresser, aimer, regarder, on peut s’approcher à de furtifs moments où la vie regarde ailleurs – pourquoi pas – mais pas y rester – c’est comme ça la vie, tout la famille qui revient chaque soir, la même litanie, des hauts et des bas de plafond, la famille, la distance, mais si un jour tu doutes, alors tu peux venir, tu peux t’approcher, je te prendrai, te bercerai et ensuite on pourra repartir.

Ecriture automatique – 10 juillet 2016

Le miroir

Encore aujourd’hui elle se souvenait de ce jour où passant devant le grand miroir – non pas un miroir spécial, bien fini et fait pour cet usage, mais un miroir sans bordure qu’on avait déposé là un peu par hasard, dans sa chambre, après l’avoir désencastré du meuble où il était jusque là – passant devant, donc, elle eut un choc, une surprise, ce fut la découverte de son corps ou plutôt l’image inversée de son corps, le même qu’elle avait trimballé presqu’inconsciemment, sauf pour la maladie, pendant toute son enfance, et là, elle devait avoir une douzaine d’années, elle le découvrait, il se découvrait, elle découvrait sa force – parce qu’il était sien – elle fit quelques pas, avançait, reculait, commença à danser – doucement– le regard à l’intérieur du miroir, ce fut son premier grand jeu. Elle ne cessa par la suite d’y revenir, jouer avec son corps était devenu une seconde nature, sa nature d’après l’enfance, elle avait jeté son dévolu sur ce bout de miroir – une glace disait sa mère – qui la plongeait dans un univers dont elle ne se fatiguait pas. C’était un jeu de cache-cache et un besoin de se retrouver, quoi qu’il arrive –, elle avait découvert la force de son corps, cet instinct de vie inébranlable et avait appris que lui seul lui appartenait – jusqu’à nouvel ordre. Ce jeu en était la preuve – et elle les chérissait tous deux pour cela, quels qu’ils soient et deviendraient.

 

Ecriture (semi-)automatique, 10 juillet 2016

Ecriture automatique – 8 juillet 2016

Dans la vie il faut se déranger. Tout le temps. Dé-range-toi le jour. Dé-range-toi la nuit. Au réveil et au coucher, défais ton lit. Fous un bordel pas croyable dans ta vie, mélange-toi gaiement, mets le désordre à l’ordre de chacun de tes jours, et sur cet amas de sentiments contradictoires, règne en maître fou, joyeux, hilare, que sais-je ; résiste à l’enterrement permanent des bibliothèques bien rangées, mélange l’alphabet de ta vie et fabriques-en de nouveaux mots qui te guériront, peut-être, de celui de n’être que toi.

Ecriture automatique – 6 juillet 2016

Parfois quand je regarde devant moi je vois en oblique des amours déplacées je sens les perpendiculaires de la société. Je m’élance. Je suis toujours en mouvement. Le ciel est circulaire mais il prend la forme de la terre. Les hommes l’ignorent comme ils ignorent les regards qui ouvrent les rencontres. Parfois quand je regarde devant moi je vois en oblique mon passé disparaître comme la volute d’une cigarette mal éteinte. Je respire mais son odeur ne vient plus jusqu’à moi car mon regard est empli du ciel circulaire qui, un jour, me montrera le dessin de ma vie. Parfois quand je regarde devant moi je vois en oblique mes pieds, mes bras et mon âme a une forme à mille facettes et dans chacune d’elles je me vois en oblique, en oblique je me vois, je me vois, je me vois

Tu étais là – debout en face de moi

Tu étais là – debout en face de moi.
Nos iris aimantés.
Ton image entrait en moi.
Tu étais là – debout en face de moi.
On ne se touchait pas.
Nos corps expérimentaient l’arrêt du temps.
Tu étais là – debout en face de moi.
Les peurs étaient abolies.
Le désir inestimable.
Tu étais là – debout en face de moi.

Sur les astres, on ne peut pas vivre.
Il nous fallait redescendre, respirer.
Sur les astres, on se trouve mais on ne se garde pas.
Il nous fallait redescendre pour se regarder et avoir envie de remonter.
Je t’embrasse au fond de la bouche, on redescend, on retournera sur les astres.

Ecriture automatique (extraits) – 4 juillet 2016

Ecriture automatique, 3 juillet 2016

Le désir était un métal
Lourd dans nos coeurs solitaires
Léger dans nos corps brûlants – ou le contraire
Tellement présent que les murs respiraient
Je ne me tairai pas – dit-elle
Les mots me sauveront de ce paradis
Après avoir tant marché, elle revenait à la forme réelle d’un échange d’elle à un autre et y découvrait l’immensité

Ecriture automatique, 3 juillet 2016