Écriture automatique – 8 juillet 2016

C’est parce qu’au moment de quitter la vie, au moment où il n’y aura plus de futur à regarder, où le vide sera inéluctable, le néant présent, c’est malgré ce moment qui rend tout dérisoire d’un coup de loque humide et froide, c’est aussi parce qu’à ce moment-là, ce sera la dernière respiration faite de tout l’oxygène que l’on aura recueilli, le dernier regard, le seul qu’il faille, sur son passé, sur sa vie, c’est pour tout cela que nous vivons, pour, au moment où un éclair brouillera notre vue, que notre regarf puisse se noyer dans tous ces paysages parcourus, les corps aimés, que nos sens puissent revivre en un instant toutes leurs sensations, notre coeur tous ses tressaillements, nous ne serons alors ni seuls, ni vides, ni morts.

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Tu perdras ta peau

Tu perdras ta peau.

Tu perdras tes os, tu perdras ton odeur, tu perdras tes mots, tu perdras ta consistance, tu perdras l’épaisseur de ton corps, ta voix ne sera plus ta voix, tu disparaîtras tout en restant là, tu le sais oui tu le sais, je parle de toi, tu le sais, crache tes maux, tu le sais, la peur te poursuit comme un fantôme dont sans cesse tu nies l’existence, la peur te remplacera, ce sera sa peau sur ta peau, sa voix dans ta voix, son corps sans accroche à la place de ton corps rond, tu te perdras, comme on perd le fil d’un récit, tu le sais, tu te perdras, tu le sais, dans le regard de l’autre qui jamais ne reflètera ce que tu es.

Écriture automatique – 21 juillet 2016

Ecriture automatique – 18 juillet 2016

Je laisse les mots venir jusqu’à ma bouche. Je les laisse sortir. Je laisse ma main les dessiner. Ils sont sur le bord de mes lèvres ils se baladent tels des hommes, les mots me laissent seule parfois, je ne les atteins pas ma tête est une piscine je me noie et les mots ne me sauvent pas, je m’accroche à ma lèvre que tu as tant embrassée, je me tire hors de moi-même, même si c’est toi que je rencontre encore une fois, je laisse la rencontre venir jusqu’à ma bouche, on fait connaissance, les mots sortent sans réfléchir, les mains se baladent au bord de mes lèvres, je laisse les mains se balader, elles ne m’atteignent pas, ma tête est une piscine. Que dois-je faire ? – Me tirer.

Ecriture automatique -17 juillet 2016

Raconter une histoire qui ne serait pas, raconter quelque chose, combler le silence, les jours, par des mots, ou les laisser vides, beaux, transparents, des jours transparents sans toi, où mes bras transpercent la réalité où ma voix muette chante, raconter une histoire les jours de ton absence raconter les jours, les tisser de tes présences, de tes baisers, puis les taire, les enterrer, les mettre sous terre, marcher dessus et te rejoindre.

Ecriture automatique – 17 juillet 2016

Ma voix a des trous

Ma voix a des trous. Il y a des trous dans ma voix, des creux dans ma vie, des moi dans mes peurs, des voix dans ma voie, il y a des trous dans mes gestes, des souvenirs dans mes mouvements, il y a une plaine, il y a des trous dans ma voix, des toi dans mes trous, des troncs qui m’obsèdent, des voix qui me soulèvent, il y a des trous dans ma voix, des trous dans ma peau où tu te glisses te niches t’étends, il y a des trous dans ma voix que mon regard sur toi couvre, il y a des toi dans ma peau, des toi dans mes yeux, ma voix a des toi, il y a des toi dans ma voix, des toi dans mes gestes, des souvenirs dans mes mouvements, il y a une plaine, il y a des toi dans ma voix, il y a des toi-moi, il y a des moi-toi, il y a toi, il y a moi.

Ecriture automatique – 17 juillet 2016

Aucun mot

Aucun mot. Aucun mot aujourd’hui ne vient frapper à ma porte. L’horloge est là, elle tourne. Le monde est fou ? Même pas. Il est comme les saisons, cherchant des temps de paix et des moments d’horreur. Constat terrifiant, tabou. Chut. Et les morts ? Et les endeuillés ? Le temps du monde est déchiré. Il n’avance pas d’un même pas. Les uns traînant sur les côtés, regardant le ciel, les autres rageurs cherchant l’injustice, les troisièmes… les troisièmes dans la rage de vivre arrachant les morts et la violence de leur chemin, y plantent furieusement des arbres et des joies, sous le regard interrogatif de leurs enfants.

E.A. – 15 juillet 2016