Ecritures automatiques

Elle était partagée. Entre le monde du silence – où le malentendu ne pouvait exister – et le monde de la parole – où certains mots étaient si doux. En elle, elle découvrait un autre soi – insoupçonnable jusqu’ici – c’est ce qui l’étonnait le plus. Les mots ne coulaient plus si facilement – son corps réclamait le silence, et sûrement aussi le secret – pour vivre pleinement.

Il faudra prendre le risque de ne pas lui plaire. Le risque de la fissure qu’on colmate ou pas. Le risque de perdre un univers jamais atteint. Je ferme les yeux. Je suis à l’intérieur. J’ouvre les yeux. J’en sors. C’est un jeu. Ca doit l’être. J’ai envie de parler mais ne dis rien. Il n’y a rien à dire – tout à vivre – à se laisser glisser.

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Ecriture automatique – 7 août 2016

On restera deux. Jamais un. Toi devenu moi, quel ennui ! On restera deux pour pouvoir se regarder – sans miroir – si ton chemin est mon chemin, nous ne pourrons pas nous baigner dans le lac qui les sépare. Mon désir dépasse de loin les frontières d’une rencontre. Si mon corps m’empêche d’écrire, c’est toujours lui qui connaît le chemin. J’ai hâte de t’embrasser, de te coucher sur un banc, hâte que tu ne deviennes pas moi, hâte de ce travail physique à fusionner en vain tels des sisyphes, hâte que tu restes indéchiffrable, hâte des malentendus qui nous garderont séparés mais infiniment désirables, j’ai hâte que nous ne nous trouvions pas.

Écriture automatique – 5 août 2016

​Je me le répète: il n’y a qu’à se laisser aller mais ma volonté de vivre m’emprisonne de ne pas être à la hauteur. Était-ce mes mains ? Était-ce mes caresses ? Le passé s’évanouit, je ne crois qu’au présent. La réalité de tes fesses n’est que si j’y passe mes mains. De même pour ta bouche. Le reste n’est que rêveries – je m’empêche de trop y croire. J’ai grossi ces derniers temps. Je ne sais pas encore si j’aime ou non ce corps plein. J’ai les seins plus lourds et c’est un jeu. Sentir leur présence est un plaisir immense, de reconnaissance d’être une femme, réconciliation sans cesse réitérée, une jouissance intime, forte et sans doute aucun d’en être une, l’explosion d’une joie synonyme de vie, mes seins remplissent l’espace de la terre – la remplacent – mes mains touchant mes seins sont une connexion au monde entier, deux fenêtres sur la vie, ma vie. 

On est sur le fil

On est sur le fil. 

Mon sexe trempé de toi. 

On est sur le fil. 

Il y a de l’eau. 

Mon sexe trempé jusqu’à toi. 

On est sur le fil,

Nos caresses à la frontière,

Nos langues à la limite,

On est sur le fil,

Équilibristes du désir,

Funambules de la déraison.

Fais-moi quitter le monde – un instant – 

On est sur fil -c’est notre chemin. 

Écriture automatique – 1er août 2016

Écriture automatique – 24 juillet 2016

Etre autre. Se retrouver avec un autre visage, ouvrir un autre soi, à côté de soi, des pièces inconnues de ton habitat, non pas l’oubli ni la transformation, mais l’agrandissement, tirer les rideaux de pièces condamnées depuis longtemps, laisser à l’abandon les incompréhensions, la pièce est claire, on peut s’y étirer, il y fait chaud, c’est un être autre, un autre être qui vit en toi.