Ecriture automatique -17 juillet 2016

Raconter une histoire qui ne serait pas, raconter quelque chose, combler le silence, les jours, par des mots, ou les laisser vides, beaux, transparents, des jours transparents sans toi, où mes bras transpercent la réalité où ma voix muette chante, raconter une histoire les jours de ton absence raconter les jours, les tisser de tes présences, de tes baisers, puis les taire, les enterrer, les mettre sous terre, marcher dessus et te rejoindre.

Ecriture automatique – 17 juillet 2016

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Ma voix a des trous

Ma voix a des trous. Il y a des trous dans ma voix, des creux dans ma vie, des moi dans mes peurs, des voix dans ma voie, il y a des trous dans mes gestes, des souvenirs dans mes mouvements, il y a une plaine, il y a des trous dans ma voix, des toi dans mes trous, des troncs qui m’obsèdent, des voix qui me soulèvent, il y a des trous dans ma voix, des trous dans ma peau où tu te glisses te niches t’étends, il y a des trous dans ma voix que mon regard sur toi couvre, il y a des toi dans ma peau, des toi dans mes yeux, ma voix a des toi, il y a des toi dans ma voix, des toi dans mes gestes, des souvenirs dans mes mouvements, il y a une plaine, il y a des toi dans ma voix, il y a des toi-moi, il y a des moi-toi, il y a toi, il y a moi.

Ecriture automatique – 17 juillet 2016

Aucun mot

Aucun mot. Aucun mot aujourd’hui ne vient frapper à ma porte. L’horloge est là, elle tourne. Le monde est fou ? Même pas. Il est comme les saisons, cherchant des temps de paix et des moments d’horreur. Constat terrifiant, tabou. Chut. Et les morts ? Et les endeuillés ? Le temps du monde est déchiré. Il n’avance pas d’un même pas. Les uns traînant sur les côtés, regardant le ciel, les autres rageurs cherchant l’injustice, les troisièmes… les troisièmes dans la rage de vivre arrachant les morts et la violence de leur chemin, y plantent furieusement des arbres et des joies, sous le regard interrogatif de leurs enfants.

E.A. – 15 juillet 2016

Ecriture automatique – 14 juillet 2016

Parce que je suis une femme je dois subir des choses dont les hommes n’ont aucune idée parce que je suis une femme je dois faire attention nul ne sait vraiment pourquoi parce que je suis une femme je dois surveiller mes propos je dois surveiller mes attitudes je dois accepter l’humiliation. Mais parce que je suis une femme je suis devenue maître du jeu parce que je suis une femme j’ai la force de vie parce que je suis une femme mes pas dans la rue tracent un chemin de liberté mes sourires sont ce que j’accepte de donner parce que je suis une femme je connais la force et la fragilité.

Caca

Toute une vie pour aimer son caca. Il faut. ? . Qu’il est beau le chant des possibles. Tu m’as dit un jour qu’il était bon que les rêves restent ce qu’ils étaient. A leur place. Moi je ne le pense pas. Toute ma vie, je veux mettre les rêves dans la merde, devant moi. Entrer dans le champs des chants des possibles et patauger dans ma merde. Ensuite on verra ce qu’on pourra en faire. Je veux dire : au moment où il n’y aura plus de futur, juste un présent qui part, on verra, mais jusque là, oui, jusque là, passer sa vie à la recherche de sa merde, à soi, ça me dit bien ça, entrer dans le champs, pieds nus, et puis aussi prendre par la main certains qui le veulent bien, et danser ensemble dans le champs de la merde avec le chant des possibles autour de nous. La nature est intelligente, remplissons-nous d’elle, de son caca, je prends la terre entre mes mains, je t’en mets plein partout, je te la fais bouffer et à mon tour, je la porte à ma bouche, grande ouverte et ébahie de volupté. Qu’il est beau le chant des possibles.

J’ai commencé par la fin – je ne sais pourquoi je pense cela – j’ai commencé par la fin et là, je me dirige vers le début.

Ecriture automatique – 12 juillet 2016

La distance

Parfois le soir je délire sur des sensations debout parfois je sens que j’aime et j’en suis étonnée, parfois quand le sol est noir charbon il faut se détacher, regarder l’autre à distance, ne pas trop s’approcher pour aimer car si on ne peut plus regarder, on ne peut aimer, la distance est la condition de l’amour, celle-ci est variable selon les tempéraments et les saisons mais le respect des distances est une des seules règles qui faillent retenir dans la vie, si on évite déjà les carambolages, c’est déjà ça, si on évite de se perdre dans l’autre parce qu’on s’est trop approché, c’est déjà ça, car si on s’approche tout près, c’est le vide et le vertige assurés, l’autre nous gobe comme un œuf et il ne nous reste que la coquille, non il faut garder la distance pour caresser, aimer, regarder, on peut s’approcher à de furtifs moments où la vie regarde ailleurs – pourquoi pas – mais pas y rester – c’est comme ça la vie, tout la famille qui revient chaque soir, la même litanie, des hauts et des bas de plafond, la famille, la distance, mais si un jour tu doutes, alors tu peux venir, tu peux t’approcher, je te prendrai, te bercerai et ensuite on pourra repartir.

Ecriture automatique – 10 juillet 2016

Le miroir

Encore aujourd’hui elle se souvenait de ce jour où passant devant le grand miroir – non pas un miroir spécial, bien fini et fait pour cet usage, mais un miroir sans bordure qu’on avait déposé là un peu par hasard, dans sa chambre, après l’avoir désencastré du meuble où il était jusque là – passant devant, donc, elle eut un choc, une surprise, ce fut la découverte de son corps ou plutôt l’image inversée de son corps, le même qu’elle avait trimballé presqu’inconsciemment, sauf pour la maladie, pendant toute son enfance, et là, elle devait avoir une douzaine d’années, elle le découvrait, il se découvrait, elle découvrait sa force – parce qu’il était sien – elle fit quelques pas, avançait, reculait, commença à danser – doucement– le regard à l’intérieur du miroir, ce fut son premier grand jeu. Elle ne cessa par la suite d’y revenir, jouer avec son corps était devenu une seconde nature, sa nature d’après l’enfance, elle avait jeté son dévolu sur ce bout de miroir – une glace disait sa mère – qui la plongeait dans un univers dont elle ne se fatiguait pas. C’était un jeu de cache-cache et un besoin de se retrouver, quoi qu’il arrive –, elle avait découvert la force de son corps, cet instinct de vie inébranlable et avait appris que lui seul lui appartenait – jusqu’à nouvel ordre. Ce jeu en était la preuve – et elle les chérissait tous deux pour cela, quels qu’ils soient et deviendraient.

 

Ecriture (semi-)automatique, 10 juillet 2016