Écriture automatique – 11 septembre 2016

A certains moments, elle ressentait une telle force en elle que cela la rendait fragile. Elle portait sa sensualité comme on porte un fardeau délicieux. Ses pas, dans ces brefs instants, s’enfonçaient dans le sol devenu sable. Elle aurait envie qu’il l’absorbe comme un argile la sueur. Elle s’enfoncerait doucement dans une matière qui remplirait chaque creux de son corps et de ses pensées. 

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Écriture automatique – 9 septembre 2016

Un instant, elle se souvint qu’au tout début de leur rencontre, elle avait mis un temps fou à trouver chaussure à son pied. Littéralement. Elle ne les avait d’ailleurs jamais trouvées – après trois achats infructueux-, rester sans chaussures adéquates pendant tant de temps, c’était évidemment compromettre – ridiculement – son chemin. Sa marche avait donc été, pendant toutes leurs années, incertaine, mal assurée. De l’extérieur, on aurait juré qu’elle dansait. 

Écriture automatique – 5 septembre 2016

Je n’écrirai plus que des choses molles, pour les esprits sans dent. De la purée de poésie plutôt que des métaphores épicées ! Qu’on me censure ! Le désir a mille chemins devant lui ! D’abord tes yeux. On me laissera les voler. Ensuite ton sexe. Je sais où le cacher. L’obscénité n’est pas là où on l’accuse. Laissez-moi me déshabiller ! En mots, voulais-je dire ! A quoi pensiez-vous ? Mes phrases sont nues, je n’y peux rien. Et mes mains jouent aux éclaireuses. Laisse-moi te déshabiller ! En pensées, voulais-je dire ! A quoi pensais-tu ? 

2015 – e.a. extrait

Souvent à présent elle s’endormait en parlant anglais – cette langue qui ne voulait pas d’elle. Elle s’endormait baignée dans ces sonorités voluptueuses, la main sur un ventre imaginaire et doux. Et elle se réveillait le lendemain en sortant de son sommeil comme on quitte sa place au soleil. Elle était bien. Incroyablement bien. Et cet état l’étonnait toujours. Car rien ne le justifiait, que le sang qui coulait dans son corps et ses yeux qui regardaient le plafond à la recherche d’un rayon de lumière. 

La vie n’était donc pas cette forme compacte, elle était deux, trois, des milliers de formes et, dans sa tête, cela représentait l’image d’un cube se divisant une multiplicité de fois en des formes diverses et inattendues. 

Écriture automatique – 29 août 2016

A un moment je dois partir,

L’ami

Je dois quitter la belle histoire

Et marcher dans la boue

Quitter le ciel des yeux et

Les plonger dans la cendre

A un moment je dois partir,

L’ami

Je dois lâcher la main

C’est une chaîne sans fin

Fermer la porte d’un intérieur

– Peur – 

A un moment je dois partir

Je l’entends arriver

Et déjà je ne bouge plus,

L’ami

Je dois quitter

Avant le bout du chemin

Laisser les harmonies ouvertes

Les regards suspendus

Les corps abandonnés

Les mains sales

La parole silencieuse

A un moment je dois partir,

L’ami.

Écriture automatique – 28 août 2016

Elle ne voulait qu’une chose avec lui: faire l’amour. Non pas que son sexe entre dans le sien mais, loin des mots, cheminer d’un corps vers un autre, que sa main étudie le dessin de son dos et de ses cuisses, pardon pardon de ne vouloir que cela se disait-elle dans un souffle pour ne laisser que ce présent – celui d’un dos à moitié tourné, éclairé par la lune d’une nuit courte et vers lequel sa main se tendait dans un désir insomniaque et amnésique. 

Écriture automatique – 25 août 2016

Qu’est l’impression d’une main sur soi face à l’ordre établi ?

On reste jeunes, impétueux face à ce dévoreur de passions. Il a gagné suffisamment souvent pour qu’on lui livre un combat sans pitié.

On avance un pas devant l’autre mais c’est plus que l’air qu’on écarte ce faisant, nos pas sont des grues qui déracinent des arbres trop bien rangés -comment y reconnaître la forêt ? – On avance un pas devant l’autre qui s’impriment dans ton corps comme des lettres de géants : VIVRE.