On est sur le fil

On est sur le fil. 

Mon sexe trempé de toi. 

On est sur le fil. 

Il y a de l’eau. 

Mon sexe trempé jusqu’à toi. 

On est sur le fil,

Nos caresses à la frontière,

Nos langues à la limite,

On est sur le fil,

Équilibristes du désir,

Funambules de la déraison.

Fais-moi quitter le monde – un instant – 

On est sur fil -c’est notre chemin. 

Écriture automatique – 1er août 2016

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Écriture automatique – 27 juillet 2016

Je suis dans tes mots

Je m’étire entre tes lettres

Comme une phrase extravagante

Je suis dans tes mots

Je suis dans tes mots

Dans les non-dits de tes gestes

Je suis aussi ailleurs – toujours – 

Comme une sauvegarde.

Écriture automatique – 24 juillet 2016

Etre autre. Se retrouver avec un autre visage, ouvrir un autre soi, à côté de soi, des pièces inconnues de ton habitat, non pas l’oubli ni la transformation, mais l’agrandissement, tirer les rideaux de pièces condamnées depuis longtemps, laisser à l’abandon les incompréhensions, la pièce est claire, on peut s’y étirer, il y fait chaud, c’est un être autre, un autre être qui vit en toi. 

Écriture automatique – 8 juillet 2016

C’est parce qu’au moment de quitter la vie, au moment où il n’y aura plus de futur à regarder, où le vide sera inéluctable, le néant présent, c’est malgré ce moment qui rend tout dérisoire d’un coup de loque humide et froide, c’est aussi parce qu’à ce moment-là, ce sera la dernière respiration faite de tout l’oxygène que l’on aura recueilli, le dernier regard, le seul qu’il faille, sur son passé, sur sa vie, c’est pour tout cela que nous vivons, pour, au moment où un éclair brouillera notre vue, que notre regarf puisse se noyer dans tous ces paysages parcourus, les corps aimés, que nos sens puissent revivre en un instant toutes leurs sensations, notre coeur tous ses tressaillements, nous ne serons alors ni seuls, ni vides, ni morts.

Tu perdras ta peau

Tu perdras ta peau.

Tu perdras tes os, tu perdras ton odeur, tu perdras tes mots, tu perdras ta consistance, tu perdras l’épaisseur de ton corps, ta voix ne sera plus ta voix, tu disparaîtras tout en restant là, tu le sais oui tu le sais, je parle de toi, tu le sais, crache tes maux, tu le sais, la peur te poursuit comme un fantôme dont sans cesse tu nies l’existence, la peur te remplacera, ce sera sa peau sur ta peau, sa voix dans ta voix, son corps sans accroche à la place de ton corps rond, tu te perdras, comme on perd le fil d’un récit, tu le sais, tu te perdras, tu le sais, dans le regard de l’autre qui jamais ne reflètera ce que tu es.

Écriture automatique – 21 juillet 2016

Ecriture automatique – 18 juillet 2016

Je laisse les mots venir jusqu’à ma bouche. Je les laisse sortir. Je laisse ma main les dessiner. Ils sont sur le bord de mes lèvres ils se baladent tels des hommes, les mots me laissent seule parfois, je ne les atteins pas ma tête est une piscine je me noie et les mots ne me sauvent pas, je m’accroche à ma lèvre que tu as tant embrassée, je me tire hors de moi-même, même si c’est toi que je rencontre encore une fois, je laisse la rencontre venir jusqu’à ma bouche, on fait connaissance, les mots sortent sans réfléchir, les mains se baladent au bord de mes lèvres, je laisse les mains se balader, elles ne m’atteignent pas, ma tête est une piscine. Que dois-je faire ? – Me tirer.