Ecriture automatique – 19. 12. 2021

“Quand je vois un couple, je change de trottoir” – cette parole de Léo Ferré , génie misogyne, aurait dû sans doute être prononcée par une femme. Moi par exemple.
Je ne peux faire fi de ce sentiment que tous les couples que j’ai vécus de près ou de loin m’ont toujours dans la longueur séparée de moi-même. Je ne sais quel traumatisme d’enfant ou de jeune adulte a fait que le choix entre moi et le couple a toujours été nécessaire. Il y a pourtant de belles choses dans les relations humains mais pas dans le couple. Pour moi. Il y a de belles choses et je m’y attache énormément. Le plus fortement possible. Sauf qu’un pas m’est interdit – semble-t-il. Je vois cette image loufoque d’une femme qui sort de chez elle en tenue de sortie et attend agacée son prince charmant. Agacée. Vainement. Je tiens à ces choses loufoques. C’est ce à quoi je tiens dans les relations que j’ai. La loufoquerie c’est ma vie. En couple, jusqu’à présent, je la perds. L’eau et l’huile ne se marient jamais. L’huile et le feu créent. Ces belles choses elles sont dans des espaces extrêmement fins – des espaces sans doute proches du vide – peut-être même des dimensions dont on ne peut appréhender l’existence mais dont nous connaissons la réalité. Ce sont des choses fragiles. Je suis fragile. Je suis un verre qui se brise au moindre geste , au moindre regard. Mais qui tient à contenir un cocktail coloré , piquant et provocant. Le couple est une chose que mon corps ne peut pas contenir. Sans doute beaucoup de femmes ressentent la même chose – peut-être pas – et si c’est le cas, certaines arrivent à vivre avec cette contradiction quotidienne – l’admiration me submerge – mais quel que soit l’effort fourni mon corps me refuse ce chemin. Il y a quelque chose qui lache. Toujours. En ce sens je suis esclave de ma condition de femme. Bien au-delà de ce qu’on en dit. Mon corps lui-même est obligé de mettre en place des mécanismes de défense contre ce qu’il est par essence et par ressenti. Ce n’est même plus la société qui esclavagise c’est l’esclave lui-meme mais qui choisit d’être son propre maître esclavagiste en se bannissant du monde. Cette phrase quand je vois un couple je change de trottoir, c’est l’esclave qui voit dans le regard qu’il n’est pas le seul et qui ne le supporte pas. Il y a plein de belles choses dans les relations humaines et le couple faut-il oser le dire nous fait passer à côté, à nous particulièrement les femmes. Je n’ai que trop peu rencontré ces belles choses dans des relations que l’on appelle officiellement « couples ». Mais j’espère être la seule esclave au monde.
Quand tu te perds regarde-toi dans les yeux.

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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