E.A. – 10 février 2022

Le jour où j’ai quitté mon compagnon, j’ai dû faire face à une araignée. Je ne pouvais pas renoncer à la liberté à cause d’elle.
L’araignée était là, à côté de mon lit, immense – encore plus qu’en réalité – elle semblait me provoquer dans la certitude de ma décision : “es-tu bien certaine de vouloir faire face seule aux araignées, à moi ?” – Si je voulais la liberté, il fallait être ferme. Je pense très souvent à elle – parce qu’elle a payé de sa vie, étouffée lâchement dans un aspirateur, ma liberté toute fragile de l’époque. Je ne pouvais pas ne pas la tuer. Je tuais là toutes mes peurs les plus absurdes face à l’avenir. Face au passé. Au revoir Maman. Au revoir Papa.
Je pense très souvent à elle et je me dis que c’était sûrement une belle araignée, peut-être comme on en rencontre rarement aux cours de sa vie, et moi par la fragilité de ma liberté, je l’ai tuée. Broum. D’un coup d’aspiro. Après, j’ai même pas pu dormir tranquille.
Depuis ma maison est devenue le refuge, l’asile politique des araignées en tout genre. J’aspire avec parcimonie, dans tous les sens du terme, ce qui m’arrange vu mon état de santé, et je leur donne un petit nom – tel un baptême loryesque. L’hiver passé, il y a eu Robert. Et d’autres – sa famille – j’ai oublié leur nom – c’est à ça que tu vois que l’amour est bien peu de choses – ils sont partis au printemps.
Venez à moi les araignées.

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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