Ecriture automatique – 01.01.2021

Je m’étonnais d’une fatigue exceptionnelle qui était devenue une habitude, voire une distinction de caractère, depuis une année, quand une prise de sang révéla une ferritine en dessous des normes.
De même ma propension à l’inquiétude concernant mes réserves de chocolat devait être issue de la même origine. On pouvait y ajouter une carence manifeste en cuivre qui m’aurait fait lécher, dixit le pharmacien, tout câble passant devant mon nez. En terme de câbles, j’en avais fait péter quelques-uns cette année, câbles que j’avais essayé de brancher avec le genre humain. Quelques jours avec deux félins m’ont appris que mon mode de communication est plus proche du leur, fait de ronronnements et de mots doux à peine chantés, que celui truffé de double sens des humains.
Ainsi, en pleine séance d’accommodements sensuels avec ma chatte, je me posai la question de ce qui, nous bipèdes, nous faisait tenir debout. Après une année longue et noire comme le tunnel sous la manche, qui s’étire comme une séparation, la réponse fusa: les portes qui restent ouvertes.
Ce qui nous fait tenir debout, ce sont les portes ouvertes. Que ce soit l’espoir – d’un paysage meilleur – ou simplement la curiosité, ce qui nous fait tenir debout, avec nos jambes, ce sont nos yeux et nos oreilles. Je me baladais ainsi nue et préoccupée par mes pensées sous le regard taiseux du chaton noir. Étonné mais qui ne disait mot – bien plus attentif à mes mouvements nus qu’aucun homme ne l’avait jamais été. Pas étonnant que tant d’hommes s’écroulent. Les portes se referment devant la peur au ventre ou l’indifférence. Je ne sais pas trop. Je retenais ces mots des jours durant et je ne sais pas trop pourquoi non plus.
Le carnet se remplissait selon mes dispositions et ma hâte.
Quoi qu’il en soit, à l’annonce de ces carences, dont j’ai omis de mentionner le zinc et le magnésium que je prends à haute dose mais qui était à l’image d’un mur qui s’effondre à chaque tentative, la montagne sisyphique, et hautement métaphorique de mes relations humaines, j’eus l’image de moi-même comme d’une matière où rien ne s’agglomère, de ces matières sur lesquelles on a beau essayer de coller quelque chose, rien n’y reste.
Je ne me voyais pas transparente, quoique nue, mais d’une matière qui fondamentalement manquait de métaux – ceux-là même qui permettent aux aimants de s’y attacher et de ne plus en décoller.
Une année noire comme un aimant sans aimant.


Écriture automatique 01/01/2021

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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