Ecriture automatique – 7 novembre 2019

Cette dame, elle m’avait demandé de lui montrer ma main. Bien souvent je pense ne plus pouvoir écrire. Que c’est fini. On pense souvent que c’est fini. C’était dans une librairie où j’étais en train de faire des copies. Elle s’était approchée de moi. Je devais avoir entre 10 et 13 ans. J’ai pensé. C’est lui ou moi. Et toute la vie passe à pencher entre les deux. Car on n’a jamais choisi. Parfois je pense à des questions et ce que je répondrais. Mais on ne les pose pas. Juste montrer ma main. Tout est dégueulasse parfois. C’est lui ou moi qui domine, surplombe, écrase. Et on refuse obstinément. On refuse le truc binaire. On veut une faille où se glisser. On veut créer la blessure qui ouvrira sur autre chose. Mais l’autre chose tarde – obstinément aussi. Et la main aussi on refuse. On la montre mais pas du bon côté. Le regard et le sourire de la femme alors. C’était aussi le binaire et la main tendue dans le mauvais sens, la faille. Car ça ne pouvait plus juste être un interstice. non. Le binaire était bien trop dominant pour qu’un simple interstice puisse advenir comme ça, je dirais, sans guerre. Mais la guerre c’est binaire. Une guerre sans guerre. Une guerre intérieure. immense. pour ne pas glisser dans le regard et le sourire de la dame et accepter sans broncher ses prédications, les laisser même venir jusqu’à mon oreille, c’était un refus de tout ce qui pourrait m’être imposé, bonheur, malheur, ou que sais-je encore. Un instinct de survie de la joie peut-être. De ne pas savoir si c’était lui ou moi, finalement. Le refus du final – avant le final, et même au final, le refus du final, point. Pourtant. Pourtant souvent il faut un gagnant. ça ne veut rien dire mais on le dit quand même. Et ça empêche de vivre. Je suis sûre que si je lui avais donné ma main elle l’aurait coupée. Et ma joie aussi. La joie de l’incertitude. Quelque chose comme ça. Même si c’est dégueulasse et que souvent tout semble dégueulasse. La seule chose dont tu es sûre hormis la mort c’est que toi seule pense en toi-même, tu es seule en toi-même, seul tu es en toi et que tu peux ne pas choisir le binaire en toi. Autour tu t’en fous. Même si ça crée une faille en toi, abyssale, le binaire peut-être mais dehors. Après il y a toutes les autres pensées, l’insulte, le cri, les pleurs, la fatigue, mais tu es avec toi. Et c’est déjà pas mal.

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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