Ecriture automatique 8 décembre 2018

Tu m’as dit « mon amour » puis qu’il ne fallait pas que tu dises cela, qu’on te prendrait pour un fou. Tu avais raison. Je voyais ma mère se réveiller quand j’étais petite Elle ressemblait à une enfant. Les lèvres gonflées de sommeil. Toi aussi tu as parfois les lèvres qui gonflent. Et mes mains qui passent sur toi voudraient aussi ressembler à une enfant. Et que ta peau gonfle. Je ne sais être que moi. C’est-à-dire trop. Je pense avoir rêvé d’une araignée mais ça n’en était peut-être pas une. Les mots sont difficiles ce matin. Comme à chaque fois que je me trouve dans un tunnel trop étroit. Partir. Oublier le manque et le non-manque.  Je n’ai pas ma langue dans ma poche. Elle se ballade dans la tienne. Je n’y vais pas de main morte. Non mes doigts sont vifs et ma main les remercie. J’aimerais quelque chose que je ne sais définir. Ma mère a toujours eu cet air d’enfant. Je pense que c’est pour ça que je l’aimais autant quand j’étais petite. Elle était ma mère. Elle était ma soeur. Elle était très belle. Je reviens sur tes hanches qui me touchent. Parfois un corps entre complètement dans le corps de l’autre -je ne dis pas ce qui est – je dis : c’est possible. Toutes nos activités se résument à faire l’amour avec soi-même. Si ce n’est cela, à quoi bon ? Je deviens un appareil photographique car des images se sont imprimées en moi. C’est un vieil appareil. Parfois les images sont déformées. Parfois elles jaunissent. Je suis devant mon âme comme devant un précipice. C’est pour cela que j’aime toucher ton corps. Il y a un horizon. Et d’autres corps. C’est l’arbre qui cache la forêt. Je pense avoir aimé passionnément ma mère, enfant, moi, pas elle. Nos enfants s’aimaient passionnément. Il y avait quelque chose d’irrationnel dans cet amour-là. Quelque chose de l’ordre de l’incommunicable, quelque chose qui ne se construit pas, qui n’a aucune raison, qui est.
C’est pour cela que j’ai répondu que je ne savais pas pourquoi je t’aimais bien. C’est aussi pour cela que je ne t’ai pas traité de fou.

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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