Ecriture automatique – 9 juin 2018

Sais-tu que Lory n’est pas mon vrai nom ? C’est le nom de ma mère qui portait le nom de sa mère. Sa mère qui n’était pas mariée avec le père. Le père qui était marié avec une autre femme. Il n’a pas reconnu ma mère qui était donc ce qu’on appelait une bâtarde. Bonjour Violette. Son père et sa mère vivaient ensemble, la femme, légitime, elle avait été enfermée par le père. Parfois la légitimité ça fait mal. Et donc Lory est le nom de ma grand mère mais surtout celui que ma mère a porté contre vents et marées pendant toute son enfance – celui qui lui a donné la chance d’être toujours placée au fond de la classe – ou d’être déclassée dans les prix attribués. C’était le nom du tabou quand j’étais enfant. Pourtant elle et sa soeur n’avaient rien fait – mais c’est le père qui s’en sortait le mieux et ne devait rien subir de ce qu’elles connaissaient. Il est mort jeune d’un coup mais ne les aurait de toutes façons jamais reconnues – même saoul. Alors ce nom je l’ai pris et je l’ai aimé  – il est devenu plus vrai que nature – celui de cette lignée de femmes qui subissaient les actes masculins en essayant de garder leur âme intacte. Et puis l’autre, le vrai, il vient de mon père, évidemment – la vérité vient des hommes comme dit la publicité, mais aussi de mes grands parents paternels qui étaient comme des poissons froids – du coup le nom aussi me glaçait un peu, peut-être mon père en est-il mort ? Ma grand mère maternelle a passé son enfance à aller promener et garder les moutons – peut-être c’est pour cela aussi qu’elle ne s’est pas défendue face à mon grand-père – qui sait qui C. Aujourd’hui les bâtards ont droit de cité – jusqu’à un certain point – Peut-être ça me plairait de m’appeler la bâtarde. Comme un honneur. Celle qui ne veut jamais être là où on l’attend. Parce que, oui, le bâtard il vient à l’improviste mais déteste s’imposer. Aujourd’hui je ne réponds plus quand on m’appelle par mon nom officiel. C’est quelqu’un d’autre. Mon chemin a commencé quand je me suis baptisée de ce nom que j’entendais depuis l’enfance prononcer avec une certaine appréhension, même une honte, la honte de l’amour, même pas, ce serait se raconter des histoires, je pourrais vous en raconter une autre mais non c’était juste la honte pure et dure, celle qui est entrée dans vos os. Et moi j’ai pris ce nom et je l’ai tissé de ma peau.

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Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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