Écriture automatique / 11 avril 2018


Enfant, on a fait taire mon utérus. Au bout de moi un tunnel un tu né je ne sais comment, la nausée a la forme de billes qui roulent sur le bord du trottoir. Mes yeux touchent par terre. Mon utérus s’éveille et la douleur. Je n’avais jamais entendu sa voix. Je ne sais pas qui je suis. Je ne me connais qu’endormie. Je me porte éveillée comme un présent coupable. Le reste m’importe peu et je lui donne la plus grande place possible. Au bout de moi un tu né, jamais moi, jamais moi, jamais moi. Je dépose tout – les armes, les larmes, les mots et je m’engouffre dans la maigreur et le silence – si peu confortables à mon organe nouveau né. Mais il le faut. Chut, le silence, il faut y retourner. Là où tu t’es tu. Tu t’es tue. Tu t’es tuée. Car c’est la seule existence que l’on t’offre, où l’on te tolère. Vous ne voyez pas mon visage quand j’écris. Et c’est tant mieux car vous ne me reconnaitriez pas. Enterré mon utérus comme on enterre le placenta. Parce que c’est une vie antérieure. Chut tu parles encore. Je …

Plus loin j’aurai appris le silence. J’aurai apprivoisé le jour muet.et je serai heureuse de cette ablation bien que morte.

Chut. Tu n’obéis donc pas. Tu ne respectes donc rien. Le silence est ta survie. 

Oui c’est ma mort et ma survie. 

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Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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