Ecriture automatique – 28 février 2018

Quand nous séparons-nous ? Quand ton corps m’est-il redevenu étranger ? Ta salive n’a-t-elle plus été mon eau ? Quand ton sexe est-il devenu un corps étranger, – même une anomalie ? Je vois très bien ce moment où ton corps sort de mon corps et où mes doigts ne glissent plus sur ta peau. Le moment où ton territoire m’était tellement connu qu’il en devenait étranger et non plus étrange. Pourquoi ma salive t’appelle-t-elle et puis ne t’appelle plus ? Le geste d’hier devenu lassant. Même ton corps juste contre le mien est un acte de trop. Ce soir j’aurais besoin de dix hommes qui me clôturent, nus, contre moi, qu’aucune partie de mon corps ne soit encore visible de l’extérieur, j’aurais besoin de la salive de dix hommes qui, demain, me sera devenue impropre. Qui parle ? Tu es déjà là. Qu’importe qui. Déjà tes caresses m’apprivoisent et m’agacent. Ce poids tant recherché, tu vas l’écraser sur moi, l’abattre, comme une hache dans une bûche, ce bonheur de l’anéantissement que, demain, on se reprochera. Tu es déjà là, cela ne sert à rien que tu viennes. Tu es déjà là. Déjà écrasant. Déjà anéanti. Déjà sorti de moi et rejeté. Mais ce qui nous sauve, c’est que tu n’es pas venu.

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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