Ecriture automatique – 26 janvier 2018

La nature est fatiguée des hommes. Elle les abandonnerait bien, infanticide, qui lui reprochera ? Il est étonnant, se dit-elle, que ce soit la créature qui comporte le plus de débiles qui ait eu le dessus pendant tous ces siècles et millénaires. Elle est fatiguée comme une mère avec un gosse centenaire qui lui tirerait encore les jupes et chierait dans son froc. Elle a des cernes jusqu’au sol pourri par eux. Elle les nourrit de moins en moins, mais il survivent, les bougres, et pas les meilleurs ! Je l’entends soupirer dans les rafales qu’elle se permet de leur envoyer. C’est une maman. Impossible de tuer, même la pire des bêtes. Alors elle va crever et sur son lit de mort, elle pourra encore dire toutes les vérités que les hommes ne l’entendront toujours pas, prêts déjà à se battre pour le maigre patrimoine restant, prêts déjà à vociférer dès qu’un nouveau territoire à salir se présente.
La nature est fatiguée mais elle marche, toujours, encore, saison après saison. Ce n’est pas l’espoir qui l’a fait avancer, c’est le douloureux désir de vivre. Et les hommes continuent de hurler comme si leurs cris ne dérangeaient aucune connexion neuronale dans leur tête, la nature, elle, se couche et attend que, tel un amant, le ciel vienne se coucher sur elle, lourd et écrasant, et qu’il étouffe, pour quelques heures, le bruit de leur progéniture monstrueuse.

Publicités

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s