Écriture automatique – 15 novembre 2017

Je n’ai rien à apprendre à personne. Voilà ce que je me dis.  Ce que j’apprends à moi-même dans l’instant. Je me pose même des questions me concernant. Sans mot pas de musique. Sans mot je n’entends plus. Sans mots mes doigts sont inertes. Ternis. Alors j’essaie d’entendre mes mots sans les apprendre par cœur. Pour qu’ils ne me dessinent pas. Je ne peux manquer à personne car cela signifierait que je suis son bras ou sa jambe mais je ne suis le bras ni la jambe de personne, que de moi-même. Et parfois je me manque. Je me manque dans ce que je ne suis plus. Ou n’ai jamais été, qui sait ? Au fur et à mesure que les mots viennent je sens mes doigts qui se réveillent, dont l’appétit grandit enfin. Se poser la question de l’autre – ce parfait inconnu. C’est une question fascinante et sans réponse. On regarde par la fenêtre, d’un côté comme de l’autre, la foule ou la solitude mais toujours l’inconnu. A cet inconnu, je n’ai rien à apprendre. Je suis bouche bée. Mains béantes. C’est vide contre inconnu. Il y a eu un jour de grande liquidation et depuis, c’est une plaine – mais si je manque à quelqu’un, c’est que je lui rappelle son bras, je le réveille, je suis son appendice perdue, non, si je manque à quelqu’un, c’est qu’il est encore capable de se voir au-delà de lui-même. Si je manque à quelqu’un c’est sans doute que plus personne ne me manque. 

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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