écritures automatiques 7/8 novembre

Je ne sais même pas à quoi tu rêvais exactement. Aucun être croisé. Ce à quoi chacun rêve profondément, précisément, on ne le sait jamais. C’est un nuage plus qu’un arbre. Et l’autre, ce dont il rêve, on ne peut le savoir. Le dessin de ses rêves, on ne peut pas le dessiner. Cela nous échappe totalement. D’autant plus quand on en fait partie. On est dans son pays en apatride. J’ai fermé les yeux dans ce lieu où il rêvait d’être, et tout-à-coup ce rêve, son rêve, m’est apparu une chose dont je ne savais rien. Quel rôle aurait-il voulu tenir ? Et le mien, comment l’envisageait-il ? Ou n’y étais-je pas – ou si peu ? Mais plus que sa méconnaissance, ce qui me frappa le plus, de ce rêve à lui dont je ne savais finalement rien, c’était son immensité.

De cet espace à jamais inconnu, inexplorable, immense, par définition, je resterai étrangère et l’autre, lointain, dans cet espace, dans son appréhension, il y avait ce qu’on appelle l’autre. 

***

Il faudra ouvrir toutes les portes. De celles qui s’étaient refermées dans un coup du sort à celles que l’on maintient fermées en se plaquant dessus. Tout revient, quoi que l’on fasse. Jeter le bébé et garder l’eau du bain, y décrypter l’avenir au risque d’y enfoncer des portes ouvertes. Ouvrir la porte et y jeter un cri avant de la refermer brutalement. Oserais-je vraiment ? On ferme la porte pour que toutes ces hontes d’enfant s’arrêtent, adulte on les ouvre pour les mêmes raisons. Chaque être malveillant porte leur masque. L’un sévit encore dans un sombre conservatoire, protégé par le costume des réseaux, des relations bien placées et des lâchetés sans nom. Aujourd’hui je me retrouve comme il y a vingt ans. Attention la conscience reprend le dessus. Les portes ne s’ouvrent que difficilement, le vent souffle et mon souffle est toujours aussi révolté. 

Cette prise de conscience. 

Cette petite phrase qui vient, le bout du nez dans la porte :

Ils ont voulu me tuer.

Le choc d’il y a vingt ans où, passé l’enfance où tous nous poussent à vivre, adulte, tous nous faisaient pencher vers la mort. 

Ils ont voulu me tuer. 

J’étais enfant, je marchais sur des œufs. Aspirant à l’âge adulte pour pouvoir éclore sans honte. 

Ils ont voulu me tuer. 

Ils ont voulu me tuer, me t-u-aire.

J’ai fermé les portes. 

C’est merveilleux une porte. C’est tous les possibles. Seule. Les autres. Ensemble. Comme on veut. Comme on le sent. 

Aujourd’hui je ferme et j’ouvre les portes normalement. Avec la conscience que l’assassinat n’est jamais loin.

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Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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