Écriture automatique – 29 octobre 2017

C’était la première fois depuis sa mort que mon père me serrait dans ses bras. J’ai laissé passer du temps et le souvenir s’est estompé. Souvent j’ai pensé que tu n’avais pas la force de ton amour. Je l’ai souvent pensé mais peut-être, en fait, n’y avait-il que la force. Et dans mon rêve, mon père n’avait également aucune force, il me serrait mais ses bras étaient tellement fins, je ne sentais pas leur impact sur ma peau. A mon réveil il y eut une ombre. Ce premier serrement ressemblait, à y réfléchir, au dernier que je lui avais donné quand il partait sans pas. Réfléchir à ce rêve me fait sortir de moi-même et de ce monologue sans fin que nous nous adressons. Qui sait atteindre le silence ? Le réel silence ? Celui où l’on se regarde sans jugement ? Celui où notre regard ne porte plus sur rien ni personne ? Finalement il s’agit du vacarme du monde et du silence de la vie. On ne sait jamais trop bien ce qui se passe quand une main touche un corps. Si c’est le corps qui touche la main. Qui va porter l’ombre et qui la lumière. Qui va porter et qui va être porté. Qui va emporter et qui va donner. Qui se défaire et qui chérir. 

En cela, les retournements sont des marées hautes et des marées basses. C’était la première fois que depuis sa mort, je serrais mon père dans mes bras. 

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Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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