Écriture automatique – septembre 2017

Je ne te demandais pas la lune de miel. Je ne te demandais pas de décrocher la lune de miel et de la déposer par terre. À mes pieds. Les jours de pleine lune sont lointains. Ta présence a complètement déserté mon lit. Il n’y reste plus aucune cellule cellule de ta lune, pleine, et c’est un grand appel d’oxygène. Je ne gêne pas la demi-lune, moi qui suis , je la protège, la mets contre moi. Je ne demandais pas la pleine lune. Mon corps en demi-lune, ma foi dans la lune, mon amour distrait. Tout ce qui ne sera plus. Je voudrais vivre lentement. Dans une extrême lenteur. Tous mes gestes. Sentir chaque muscle dans son trajet. J’aimerais vivre lentement, patiemment, sans pression qui me pousse en avant, sans cesse, inlassablement. Je ne demandais pas la lune, juste une vie, les nuages je les aime comme on aime la faim et l’assouvir. Je ne veux pas la demi-lune, je la veux pleine comme une vie saturée d’émotions. Je ne te demande plus rien car il n’y a plus rien. On a tous les mains vides et des idées derrière la tête. Pour une fois je me laisserai bercer dans l’oubli de ces pleines lunes manquées, que ne ferions-nous pas pour voir la pleine lune ? 

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Tout le monde ferme les yeux pour se glisser dans un monde protégé, les paupières sont les gardes ancestraux de notre équilibre. Derrière les paupières se trouve un monde où l’on oublie le monde. Un monde où je touche du doigt ton torse. Mille. Mille. Mi-elle mi-lui. Mille pour fermer un visage, deux yeux, une bouche et un nez. 

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Je veux expirer le monde

Qu’il n’y ait plus rien en moi de lui

Comme un embryon avorté.

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Au commencement était la tristesse, sache-le. Je ne te demandais pas la lune de miel. Mi-grave mi-raison, juste un voyage. Au commencement était le vide qui ne se remplit que de la tristesse. Pourtant la joie aveugle celle-ci. Si tu  bouges, si tu remplis un espace avec ton corps, la tristesse n’aura plus de place, tu la projeteras sur un écran et tu deviendras spectateur joyeux. Au commencement était la joie masquée de la tristesse. Tu le retires avec la force de tes bras comme on arrache une mauvaise peau et tu la colles sur un tableau et tu l’étales. Au commencement était la tristesse que la joie de faire repeint, superpose. Je ne te demandais pas la lune de miel mi-elle mi-lui, mi-rage mi-sère. Juste un voyage profond dans la terre. Un peu de nourriture terrestre. Au commencement était la triste réalité que tu peux recouvrir de ta semence joyeuse, que je peux fertiliser  et de laquelle la joie peut être enfantée. Je ne te demandais pas la lune, la demi-lune ni un croissant au petit-déjeuner, juste un bon café suave, amer pour rester contre mon palais de glace, au commencement était, le commencement était là, comme une lune pleine, perdue, pleine d’amertume, une maison de miel qui regarde la lune comme un réverbère. 

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Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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