Ecriture automatique – 3 septembre 2017

Tu vois, je ne pourrai plus être la femme pour qui on craque. Je suis la femme qui craque. Je suis la femme parfois qui croque, parfois qui craque et cela rien au même. Je craque de partout au-dessus des genoux. Je ne pourrai plus être celle qui croque point à la ligne. Car tout est craqué, tout est truqué, je vois tous les trucs, tous les futurs cracs, je suis la femme sans doute qui montre trop les crocs, tu vois, je ne pourrai plus être la femme pour qui l’on craque, absurdement comme on tombe dans un trou, en ville ou en forêt, comme un piège à animaux ou une bouche d’égoût, je ne porte plus en moi le jeu de l’innocence, je ne porte plus en moi ni sur moi, ni d’aucune façon que ce soit. Je suis la femme qui craque les convenances, les rêves, les illusions et les croyances. Je suis la femme qui craque les droits des hauteurs amoureux. Je suis la femme qui est juste un contour que tu peux dessiner avec tes simples doigts. Ce qui la remplit est invisible. Ce qui la remplit et se déverse parfois comme un torrent, comme un taureau blessé, est sans bruit sur les contours ça glisse et reste à l’intérieur. Je suis la femme qui craque comme une vieille peinture, un vieux tableau délaissé. Parfois je suis cette femme-là.  Parfois elle est devant moi. Toutes ces femmes-failles, qui craquent et font comme une musique, des feuilles qui croquent sous le pas des randonneurs et du garde forestier. Il y a plein de sanglots en elles qui se devinent sur leur visage. Je suis, tu es, elle n’est peut-être pas, la femme qui craque, la femme-sanglot, la femme qui a son lot de sang, je tombe dedans, je suis la femme qui croque ces sanglots, qui les brade à bas prix, je déteste cette femme, je déteste ces sanglots, son sang qui coule hors d’elle, je suis un artbre, je ne craque pas même si écorce–moi, je suis un arbre, je ne suis plus un arbuste, j’ai le tronc dur pour avancer, je suis un artbre fort qui prend le vent et se nettoie avec lui, mon écorce craque mais je ne m’ouvre pas, Tu vois, je ne peux plus être cette femme, tu t’adresses à moi et je transmets la lettre à quelqu’une d’autre, nue de tout cela, la lettre tombe, tout tombe, plus rien n’est stable, demain l’artbre aura nettoyé ma carcasse, il me nourrit comme je le nourrirai un jour, tout cela est absurde comme un jeu de société, j’ai toujours détesté, quelle perte de temps, si au moins on pouvait mimer, les jeux contenus dans une boîte, une boîte ! , comme si c’était possible d’y trouver la moindre vie, j’ai envie du contraire, toujours le contraire, encore un petit effort et ma tête sera vide comme un verre sur le comptoir, les bienfaits du recommencement, finie la peur de se répéter, être un verre vide sur le comptoir et attendre le prochain tour, ma neige permanent, je vais m’endormir et laisser mes doigts continuer à écrire, essayer de dissocier mon sommeil et ma main, la laisser continuer le chemin seule, elle connaît la sortie, on la connaît tous, je ne rien dit aujourd’hui, rien n’a craqué en moi je peux laisser les artbres tranquilles et les sanglots comme une sève, attendre le printemps – plus loin l’hiver. Je voulais vous parler, vous expliquer quelque chose de moi, quelque chose de vous, mais il n’y a que l’hiver qui est sorti. Un avion atterrit en moi il est vide. Viol. Vide. Viol. Vide. Viol. Vide. Viol. Vide. Viol. Vide. Pas craqué. Un artbre. Penser. Je cherche en moi avec ma main et ma lampe de poche, je ne trouve rien qui explique le manque d’éclairage mais mes yeux s’habituent à l’obscurité. Mes boyaux s’habituent à l’obscurité. Mes veines s’habituent à l’obscurité. Je la sens venir cette phrase sortie de nulle part faite d’onomatopées, aglatero, aglatero, rakt ou de je ne sais quelle chose des mots qui seraient plus que des mots, jaaaaaaaaa ummmmmté des mots doux comme la soie, des mots terreux, des mots imprononçables que ma bouche pourrait garder en bouche indéfiniment comme une gorgée de vin

une gorgée de vin

qui me rendra femme-artbre

qui craque ?

Qui fera sortir ces mots – umra – de ma bouche – Et ça c’est juste pour ne pas être emmerdée.

 

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Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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