Écriture automatique – 8 & 10 août 2017

J’ai écrit tant de phrases, de longs trajets parcourus, quand mes souliers seront-ils usés ? Trempés de pluie provoquée en moi. Pluie chaude ou pluie froide. Comme tout le monde je n’aime personne et moi, à peine. J’ai une énorme compassion pour eux, ils ont à mes yeux toutes les excuses, moi, je ne m’en trouve aucune. Bêtes de somme, assommées pour des rituels qui vous agacent mais vous ne pouvez vous en passer. Votre chemin vous ennuie mais c’est bien celui que vous empruntez à chaque fois, c’est bien dans celui-là que je peux observer vos empreintes, j’avoue, que ferais-je si vous faisiez des pas de géants ? Il n’y a rien à gratter ce soir. Je cherche une lueur sous les mots mais rien. J’ai besoin d’images et les sons m’appellent. Les mots s’entassent dans un coin, dans ma tête ils se ressemblent tous, ces bouts de phrases, je suis comme une enfant gâtée qui ne sait plus que faire de ses jouets. Je suis heureuse et ne sais pas pourquoi et cela seul me rassure. 

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Parfois tu sais que tu ne pourras pas serrer la réalité jusqu’à ce qu’elle tombe en miettes. 

(8) 

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Nous étions formidables dans nos esprits blancs comme neige. Et cela faisait longtemps qu’il ne neigeait plus dans nos pays mentaux. 

Nous étions formidables dans notre jeunesse sans fin brillante comme une étoile déjà morte. 

Nous étions formidables et s’ouvre à moi le présent qui pourtant ne s’invite pas dans mes mots. Car je m’en fous que nous ayons été ou non formidables ou décadents – dégénérés dans nos amours étriqués comme le vêtement d’un grand frère ou d’une grande sœur, maintes fois lavé. 

J’invoque le présent, ce qui appartient à chacun sans devoir rendre des comptes, ce présent où nous sommes tous légitimes, à faire taire le passé, à l’ensevelir comme la mer vient détruire la forme des dunes et des châteaux de sable. 

Nous étions formidables dans nos châteaux de sable mais qu’importe, à présent que les vagues nous élèvent bien plus haut, bien plus loin, et offrent à nos lèvres le goût salé du présent adoré. 

(10)

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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