Écriture automatique – 21 juillet 2017

Prochain arrêt. Tu écris avec des bics, des chats de gouttière, ne peux-tu prendre autre chose ? Prochain arrêt, nul ne sait. Des chats de gouttière dans mon sac, je pars. Je pars partie remise pour jouer. J’ai un carnet à remplir, des désirs qui me pelotent de partout. Ou rien du tout. On croit partir et c’est l’autre qui démarre. Le quart de tour est déjà fait, accompli comme une belle tache au milieu du miroir. Et, cette fois, ça va durer. Courage. Prochain arrêt. Quelle est la destination ? Que des arrêts ? Rien d’autre. On s’accroche, pourvu que la vitesse me convienne. Vous vous dites :tiens, pas encore une caresse dans ses mots, ça change, pour une fois. Etre dans sa tête c’est la chose la plus difficile. En sortir aussi. Quand le prochain arrêt ? Quand ? Faut-il descendre tous les matins ? Ah voilà. Prochain arrêt. On s’y attend. Si ça n’arrive pas, on est perdu, si on ne s’arrête pas, si ça continue comme ça, sans fin, ça fait peur. J’avance plus loin, plus loin, plus long, plus lent, plus grand, plus distant, plus étiré, plus froid, plus humide, plus insupportable, plus pardonnable, plus limite. Limite. Limite. Prochain arrêt ? Des dessins à n’en plus finir sur le tissu qui recouvre notre lit (nous y voilà) . Et ce geste que j’ai eu pour le soulever, le tirer, le retirer. Je voulais m’étendre mais même le lit faisait obstacle.  Je l’aurais brûlé. Ça va tout le monde s’en fout ici, les yeux sont rivés ailleurs, dans leur ailleurs,plus qu’une heure, une petite heure pour être dans le mien. Un chez moi ailleurs. Prochain arrêt ? Moi qui suis sédentaire. Et les autres alors ? Lui lui et lui en face de ma figure comme le nez, ça se multiplie, les autres se multiplient, leur vie, welcome, welcome, les pleurs et le reste, les vestes qu’on ajuste, welcome, welcome au prochain arrêt. Vous continuez ? Très bien. On attend. Quand on boit on attend le premier tourni, quand on prend un calmant, on attend les muscles qui se détendent, quand on attend, entend-on ? Rencontre au sommet, peut-être, ou pas, au sommet, plus bas, non, plus bas encore. Qui sait tout cela ? Chacun le sait dans son ailleurs qu’il ne partage pas. J’entretiens le muscle de mon écriture. Relâche. Étirement. Repos. Exercices. À répéter 10x. Tout ce que nous faisons est répétition. Variation sur le même désir, sur le même fil, parfois tout de même ça dérape. J’ai peur mais je sais qu’on fera avec ce qui sera, quel qu’il soit. Le temps s’écoulera et quel qu’il soit, il se remplira comme un évier, l’eau coule, déjà, à présent, toujours. 

Prochain arrêt. Repos. Prochain arrêt. Repos. Prochain arrêt. Repos. Je descends. Je descends. Je descends. 

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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