écriture automatique (semi-s)  – 14 avril 2017

Il y avait des trous dans ses conversations. Des trous dans ses amours. Et même un peu à présent dans ses vêtements. Elle glissait son regard dans ces trous. Elle se dit tout bas qu’elle aimait beaucoup d’hommes mais ne pouvait pas en aimer un seul, puis les trous disparurent comme une chaussette reprisée, elle aimait pourtant s’y glisser, oubli de tout ce qui doit être fait dans une vie, ça attendra, et la superposition de tous ces trous donnait à sa démarche une rugosité qui ne lui déplaisait pas, des parois sablées de silences et de manquements tapissaient son chemin de jouissance, elle se dit tout bas qu’il fallait laisser filer le tricot, laisser les trous prendre l’espace, qu’entrelacés, oui entrelacés, ils formeraient quelque chose qui lui ressemblerait, et que dans les failles de ces trous, de cet entrelacement, sûrement son corps y serait plus vivant, antre d’une peau joyeuse, souple, indéfinissable, sans fin, malléable et pourtant si ferme. 

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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