Tu me dis que tu m’aimes -septembre 2016

Tu me dis que tu m’aimes. Et moi je me dis :que vas-tu me faire subir au nom de ton amour. 

Toutes les histoires sont-elles perdues ? Quand tu jongles, si tu rattrapes une quille qui dévie, tu perds toutes les autres. 

Les hommes écrivent au sujet des femmes. Des fameuses salopes paraît-il. Et les femmes, que font-elles ? Qu’elles arrêtent de torcher le cul de leurs mômes en regrettant qu’on ne lèche pas le leur. Que les choses soient claires. Si la solidarité féminine existait, on n’en serait plus au même point. 

Si je te plais, je n’y peux strictement rien. Pas la peine d’y voir une salope, juste parce que toi, tu ne me plais pas. Je crache dans la soupe mais la soupe est infâme, refroidie, insipide. 

Tu veux faire un bout de chemin avec moi ? Il n’y a aucun souci, je partagerai ce moment avec plaisir. Mais si tu te mets devant moi, si tu empêches mes pas, si tu me demandes de suivre et ton rythme et ta trajectoire, ça ne me dit strictement rien. Or c’est ce qu’on voit tous les jours devant nos yeux. Tu en connais des hommes qui s’occupent de l’administratif de leur femme ? Des hommes de femmes médecins qui s’occupent de leur secrétariat ? Et des femmes qui atteignent la célébrité en volant la découverte de leur mec ? Et la liste est non-exhaustive. 

Quand je montre mon cul, on dit que je l’instrumentalise. Quand j’ouvre ma gueule, on dit que je suis hystérique. Mon corps est toujours en trop. 

Je te dérange. J’en suis désolée.

Parfois on aimerait oublier notre statut de femmes. Pas qu’on est femme, mais ce statut qui nous pèse sur les ovaires. J’aimerais rendre la pareille. Voir comment les mecs se démerderaient si au moindre sourire, ils devaient rendre des comptes à la première perverse qui passe… 

Mais… 

Tu me dis que tu m’aimes et j’ai pas envie d’être une salope. Ça ne m’intéresse pas, il y a trop de choses à faire dans la vie. 

J’ai pas envie d’être une salope mais tant que les choses seront telles qu’elles sont, la salope qui vit en moi se battra pour avoir son mot à dire.

***

Texte-performance voix piano, dans le cadre d’un projet-hommage à toutes les femmes qui, un jour, se sont fait traiter de salopes.

Auteur : celinelory

Pianiste le jour, auteure de chansons et de textes la nuit, toujours indéfinie mais heureuse

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